CHAPITRE XVI
11 paraît même , d'après les remarques de Pollion sur les écrits de Salluste , qu’Àtteius avait répandu dans les livres de ce dernier cette terminologie archaïque dont on lui a souvent fait reproche (i). Yalerius Caton (i), et Cornélius Epicadus étaient aussi à peu près contemporains d'Àntonius Gnipho. Le premier était en même temps que grammairien professeur de poésie. Cornélius Epicadus était affranchi de Sylla (s), qui l’avait nommé héraut du collège des Augures. Â la mort de Sylla , il mit la main à ses mémoires , que le dictateur avait laissés imparfaits. Staberius Eros , acheté au marché , nu et étalé sur la table des ventes , et puis affranchi par son maître , fut le précepteur de Bru tus et de Cassius (4). Lenœus , affranchi de
(1) Quo magis miror, Asinium Pollionem credidisse anliqua eum verlia et figuras solitum esse colligere Sallustio... (Suel.. de illiist. gramm., cap. x.)
(3) Yalerius Cato, ut nonnulli tradiderunt, Burseni cujusdam libertus . . . Docui t niuUos et nobiles; visusque est peridoneiis præceplor , maximè ad poelicam tendenlibus. (Suel., de illust. gramm., cap. xi.)
(3) Cornélius Epicadus, L. Cornelii Sullædictatoris libertus , calalorque in sacerdolio augurali . . . librum autem quem Sulla de rebus suis imperfeclum reliquerat, ipse supplevit. (Suel., de illust. gramm., cap xr.)
(4) Staberius Eros, herosuo emptus de catastâ, elpropter lillerarura studium manumissus, docuit inter ceteros Brulum et Gassiura. (Suel., de illust. gramm., cap. xiii.)
Pline mentionne aussi Staberius Eros comme ayant été acheté sur la Cataste, les pieds frottés de craie blanche, ainsi qu'on faisait des esclaves appariés de l’étranger : « Est et vilissima (cretaj quæ Circum præducere ad victoriæ no-
LES ESCLAVES LETTRÉS
Pompée (i), et le compagnon de toutes ses guerres , avait son école dans les Carines, le noble faubourg de Rome, où étaient les temples de Junon et de la Terre , et où Pompée , Cicéron et un grand nombre de nobles riches et illustres avaient leurs hôtels.
Quintus Gæcilius Epirota , pourvu de trois noms comme un gentilhomme , et affranchi du chevalier Alticns , l’ami de Cicéron , eut une moitié de la destinée d’Abailard (2). Chargé d’élever la fille d’Atticus , il en devint amoureux , et l’expression dont se sert Suétone à son égard ne défend pas de supposer qu’il eût été favorablement écouté de son écolière (s). L’intrigue s’étant découverte , le précepteur fut écarté et la jeune fille mariée à Marcus Agrippa. De la maison d’Atticus , son patron , Quintus Cæcilius Epirota passa dans celle de Cornélius Gallus. Le grammairien vécut avec lui dans l'amitié la plus étroite , et dans la lutte que Cornélius Gallus eut à soutenir avec Auguste ,
tam, pedesque venalium trans mare advectorum denotare insliliieriint majores. Taleraque... coiiditorem . . . grammalicæ Staberium Erotem, naveadveclutn videre proavi. (Plin., HisL nalup., lib. XXXV, cap. lviii.)
(1) Lenæus, Pompe i Magni liberUis et pænè omnium expeditionum cornes... docuitque in Carinis,adTelluris ædem, iti qtiâ regione Pompeiorum domus fiierat. (Suet., de illust. grainrn., cap. xv.)
(2) Q. Cæcilius Epirota, Tusculi natus, libertus AUici, equilis romani, ad quem sunt Ciceronis epistolæ... (Ibid.)
(5) . . . Quum filiam palroni , nuptam M. Agrippæ, doceret, suspectus iii eà, et ob hoc remotus . . . (Suet., de illust. gramm., cap. xv.)