CHAPITRE XVI
lutte futaie, qui lui fit porter la tête sur l'échafaud) l'intimité de l'affrancbi devint l’objet de l’accusation la plus grave. Privé de ce second patron , Quintus Cæcilius Epirota ouvrit une école ; il y reçut peu d’élèves , et seulement de fort jeunes , ce qui lui fit donner par le poêle Domitius Marsus le nom de c nourrice des poêles au berceau (i). >Du reste, Quintus Cæcilius Epirota porta jusqu’au bout le caractère d'individualité morale qui avait commencé les malheurs de sa vie; il fut le premier à faire ses leçons sur des matières latines, tandis que les autres grammairiens n’admettaient que le grec comme langue savante et littéraire, et il osa scandaliser son auditoire par la lecture de Virgile et des autres poêles contemporains (a).
A côté de grammairiens comme Cmcilius Epirota , Rome en comptait d’autres d’une fortune moins éclatante , mais plus paisible, comme Verrius Flaccus, ScriboniusAphrodisius.'Caïus Julius Hyginus et Caïus Melissus.
Verrius Flaccus (5) avait établi des disputations
(1) . . . Scholam aperuil, sed ita ut paiicis, et tantum adolescenlibus, prœciperel ; . • . quod eliam Domitii Marsi versiciilus indical :
Kpirola , Icnellorum nutricula valum.
(Suet., de iliusl, gramm., cap. xv.)
(2) Primiis dicitur lalinè ex temporc disputasse, primusque Virgilium et alios poêlas novos præiegere cœpisse. (Suet., de illusl. gramm., cap. xv.)
(5) Verrius Flaccus, lilierlinus, docendi gcnere maximè inclaruit . . . al> Augu.slo quoque nepotibus ejus præceplor elecUis, transiit in Palalium cura totà scholà; . . . docuil-
LES ESCLAVES LETTRÉS. 32
publiques dans lesquelles il donnait au vainqueur quelque livre rare pour prix. Auguste l’avait choisi pour précepteur de ses neveux , et il tint son école d’abord dans le Palais même , ensuite dans l’hôtel de Catilina , qui faisait partie du Palais. Scribonius Aphrodisius (i), affranchi de Scribonia, première femme d’Auguste, et contemporain de Verrius, laissa un traité sur l’orthographe. Caïus Julius Hyginus (a) , affranchi d’Auguste et ami d’Ovide, fut bibliothécaire de l’empereur, ce qui ne l’empêcha pas de donner des leçons. Caïus Mélissus (s) , exposé au berceau , reoueilli et donné en présent à Mécène et par Mécène à Auguste , fut nommé par l’empereur bibliothécaire au portique d’Octavie.
Parlons enfin de Quintus RemmiusPalémon, qui est un type curieux de l’artiste esclave dédaigneusement révolté contre sa condition. Palémon commença par être l’esclave d’un tisserand (4) ; puis il .accompagna
que in atrio Calilinæ domus, quæ pars palaliierat... (Suet., deillusl. gramm., cap. xvii.)
(1) Scribonius Aphrodisius, Orbilii servus alque discipulus, mox a Scribonia, Libonis filia, quæ prior Augusli uxor fuerat, redemptus et manumissus , docuit . . . (Suet., de illust. graram., cap. XIX.)
(2) C. Julius Hyginus , Augusli libertus . . .' imilatus est Cornelium Alexandrum, grammaticum græcum . . . fuHque familiarissimus Ovidio poelæ et C. Licinio , consulari , bistorico. (Suet., de illust. gramm., cap. xx.)
(ô) C. Mélissus , . . . Mæcenali pro grammatico muneri dalus est . . . curam ordinandarum bibliothecarum in Octa- . viæ porticu suscepit. (Suet., de illust. gramm., cap. xxi.)
(4) Q. Rnniniiis Palæmon, mulieris verna, primo ut fe-