‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 128 sur 166 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

moulin à bras dans l’un des établissements que la corporation des boulangers possédait à Rome. Trois philosoplies grecs , Ménedème , Asclépiade et Cléanthis , avaient tourné la meule comme lui (i). Plaute vivait durant la première moitié du deuxième siècle avant l'èrc vulgaire. Peu de temps après lui parut Térence , esclave et affranchi de la noble maison de Téreiitius Lucanus. Térence suivit l’exemple de Plaute , et traduisit le théâtre classique des Grecs , comme il s’en fait honneur lui-méme dans le prologue de \'Andrienne (2). La comédie littéraire des Romains est véritablement représentée par Plaute et par Térence , quoiqu’on trouve d’autres affranchis qui l’aient essayée, entre autres CaïusMelissus, esclave grammairicndonné en présent à Auguste par Mécène.

A côté de la comédie littéraire , de la comédie grecque , comœdia palliata , il y avait encore à Rome une comédie nationale , comœdia togata, tirée de sujets italiens. Des quatre genres dont elle se composait, l’un appartenait exclusivement aux usages de la Jeune no-

(1) Exemple forlè commoliis Menedemi*, Asclepiadis, Cleanlhisque, Irium prudenlissimorum philosophorum, pislori suam operam locare coaclus fuit. (Piiilipp. Parei , de script. M. Acc. Plaut.)

(2) Çui cum hune (Terenlium) accusant, Nœvium, Plautum, Eimiutn

Accusant, quos hic iioster auctores hahel.

Quorum æmulari exoplat negligentiam Poliùs, quain islorum obscuram diligcntiam.

(Tcrcnl., Andr. prolog., v. 17,18,19,20)

LES ESCLAVES LETTRÉS

blesse , qui composait des Âtellanes et qui les jouait en société (i) ; les trois autres étaient le domaine des esclaves.

Il y avait dans l’ancienne Italie des troupes de comédiens ambulants, sous les ordres d’un directeur qui portait le titre de Duc des œuvres théâtrales ( 2 ) , ou même quelquefois le titre d'Empereur des histrions {0). Les acteurs et les actrices étaient toujours des esclaves ou des affranchis , et leur éducation était relative au genre qu’ils exploitaient. Ceux qui jouaient dans les comédies classiques ou dans les tragédies étaient ordinairement des grammairiens très-raffinés ; car Cicéron rapporte qu’on les sifflait impitoyablement , s’il leur arrivait de se tromper sur la quantité prosodique d’une seule syllabe (*).

(1) Poslqiiain Icge iino fal)iilaruin ab risu ac s<)lulo joco tes avocabaliir, et ludiis m artem paulatim verlerat, jiiventus bistriunibiis fabellarum actu relicto , ipsa inter se more antiquo riüicula intexla versibiis jactilare cœ|>it . . . quod genus ludoLim ait Oscis acceplum tenuil, necab bis- Irionibus pollui passa est. (Til. Liv., Iiisl. lib. VU, cap. 11 .)

(3) Erat in castris Pescenniiis quidam, Dux otim lliealralium operaiTim, dein gregatiiis miles, procax lingna, et miscere coelus Iiislrionali studio doclus. ( Tacil. , annal, lib. 1, cap. XVI.)

(3) Audire vos jiibet, Imperator Ilistricus . . .

Nunc dum scribilitæ æsluanl, occurriLe ;

' Hœc iraperata quæ sunl pro Imperio Histnco.

(Plan!., Pænul. prolog., v, 4, 43,44.;

(4) liislrio si paulum se movit extra numeruin, aut si versus pronunciatus est syllaba una brevior, aut longior, exsibilaturet explaudilur. (Ciccr., parad. III, cap.ii.)

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