‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 131 sur 166 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

lanules épées lacédémoniennes àla grande satisfaction des oisifs (i). Les diseurs de bonne aventure étaient devenus si nombreux à Rome du temps des premiers empereurs , qu’ils y avaient une confrérie (2) ; et le lendemain du jour où Caligula fut tué , il y avait des magiciens venus d’Égypte et de Syrie qui devaient donner sur le théâtre une représentation des enfers (5),

La poésie épique ou lyrique appartenait moins en propre aux esclaves que la poésie dramatique. En général, les anciens poètes grecs et lutins qui compo.sèrent des poèmes, des odes et des hymnes,élaient gens de noble maison. Les gnomiquesThéognis,IMiocylide,Pylhagorc, Solon , Simonide , appartenaient tous plus ou moins à de puissantes familles ; il n’y a que Callimaque , bibliothécaire de Ptolémée Philadelphe, elTyrtée, général athénien, qui eussent commencé par être maîtres d’école, ce qui est le signe d’une fort humble extraction. A Rome , Ennius était d'une grande race cl vivait dans l’intime amitié de Caton l’Ancien et deScipion ; Pacuvius, son neveu , n’était pas moins illu.slre. Catulle et Lucrèce ,

(1) Plutarque rapporte la raillerie adressée par un Athénien au roi Agis , sur ce que les épées des Lacédémoniens étaient si courtes, que les escamoteurs les avalaient sans difUcullé : ''Aytç fxh oûv b pxijùtbe, cxûnzovros ’Azzt/.oïi zivoç T«s Aaxwvjxàj /j.ay^(xipa.ç eîç Tr,v xxi ).éyovzos,

ôzt aOrâç oî ÛavfixzOTzoïoi /.«zxtzIvouci-j £v rots

Osùzcoii, y.xi z. >. (Plulaicli., Lycurg., cap. xix.)

(-2) Voy. la note 2 de la page 255.

(5j Parabaluret in noclem .‘ipeclaculum, quo argumenta inrerorurn per Ægyptios et ÆHiiopos exjilicarenlur. (Suel. Tranquill. C. Cæs. CaliguL, caj). lvii.^

LES ESCLAVES LETTRÉS

Tibulle et Properce , Gallus et Ovide , étaient nés de parents considérables ; Juvénal et Perse étaient gentilshommes (i).

Il n’y avait donc à peu près qu’Horace , Virgile et Phèdre qui fussent des poètes de race esclave.

Horace , fils d’un affranchi marchand de poisson salé ( 2 ), tient en outre aux poètes esclaves par ses études grecques. Virgile , fils d’un pauvre potier de village ( 3 ), c’est-à-dire né aussi de race esclave, suivit la pente de ceux de sa race, apprit la grammaire, la rhétorique, la médecine, les mathématiques, qui comprenaient alors la physique et l’astronomie , et même la jurisprudence , ce qui était une exception pour les gens de sa condition , et ce qui eu fit un des hommes les plus savants de l’antiquité. Phèdre , esclave luimême , tout plein des poètes gnomiques , de l’étude d’Ésope, des Milésiaqucs introduites déjà dans la lit lérature latine par Ennius cl par Piaule , se trouve sur la dernière limite de la renaissance grecque , et au moment où la langue latine a cessé de faire le pastiche d’Homère et de Platon , pour essayer avec Sénèque ,

(1) Il n'y aurait quelque chose à dire que sur Juvénal , sur lequel Suétone s’exprime ainsi : « Junius Juvenniis , lihertini locupletis incertum filius, an alumnus. .. » (Suel. Tranquill., Juven. vila.)

(i2) Horalius Flaccus , Venusinus, paire, ut ipse tradit , libertino, et exactionum coaclore, ut vero creditum est , salsamenlario . . . (Suel. Tranquill., Ilorat. vil.) .

(3) Publius Virgilius Maro parenlibus modicis fuit, et præcipuë pâtre Marone, quem quidam opificem ligulum. . . tradiderunl . . . (Douât., de Virgil. vil.)

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