CHAPITRE XVI
Lueain , Juvénul , Perse , les deux Pline , Taciie el une foule d’autres, de ressaisir les traditions du goût romain . interrompues depuis l'arrivée <les rhéteurs et des grammairiens grecs en Italie (i).
Après la grammaire, le théâtre et la poésie, la philosophie était l'étude qu'affectionnaient le plus les esclaves.
Il y a eu des esclaves dans toutes les écoles philosophiques notables de l'antiquité. Phédon , à qui Platon a dédié son Traité de Vâme, était un jeune enfant de grande beauté , exposé en vente chez un marchand d'esclaves qui tenait aussi une maison de prostitution, et il fut acheté par Cébès, disciple de Socrate (a). Les
(!) C’«sl ce retour de la littérature latine à ses traditions primitives el nationales qui a donné naissance au style qu’on a appelé de la décadence. Les rhéteurs, pédants infatués de Rrec et habitués à la manière classi(|ue de Virjple, de Cicéron et d’Horace, ne purent pas se faire à un tour de style (|ui ne rappelait pas les modèles'consacrés, et ils le traitèrent de barbare, tandis qu’il ne faisait que retremper la langue aux vieilles et bonnes sources du temps «le la république, à celles où avaient puisé de grandsoraleurs, comme Appius Cæcus, les Gracques et Caton. Du temjis de Sénèque, le retour aux traditions primitives de la langue latine était devenu général, exagéré même :
Mulli ex alieno seculo pi-lunt verba, diiodeciin tabulas loquuntur : Graochus illis el Crassus et Curio nimis culli et recenles sunl. Ad Appiuui usque el ad Coruncanuin fe- «leunt. (Senec., lib. ad Lucil., epist. CXIV.)
(2) Phædon servus fuit formà at(|iie ingenio libéral!, et, ut quidam rescripserunt, à lenone domino puer ad raerendum coaclus.Eum Cebcs Socralicus hortanle Socrate emisse
LES ESCLAVES LETTRÉS. SM
beaux livres qu’il composa sur la doctrine de Socrate existaient encore du temps d'AuIu-Gellc, qui les mentionne avec honneur. Ménippe, esclave comme Phédon , devint aussi un philosophe illustre. Il s’adonna pitrliculièrement à une nature de composition philosophique , sous forme de satire , qu’il appela Cynique et queVarron imita dans la suite (i). CesCyniques paraissent avoir été des satires dans le genre du Cyclope d’Euripide ; Varron, en imitant leur forme, en fit des écrits moraux et leur donna le nom de Satires Ménippées. On ne sait pas à quelle secte philosophique appartenait Ménippe. Il y eut un esclave péripatéticien du nom de Pompyle, et qui appartenait au philosophe Théophraste (2). Persée, esclave de Zénon le stoïque, partageait la doctrine de son maître , et Mys , esclave d’Épicure , n’eut pas une autre philosophie que lui. Diogène le Cynique, quoique né libre, avait été réduit en esclavage et acheté sur le marché de Corinthe par Xéniade, qui en fit le précepteur de ses enfants (s).
Épictète, de la secte des stoïciens, a été l’un des es-
(iieitur, habiiisiîeque in pbilosophiæ disciplinis. (4ul. Gell. Noct. Allie., lib. II, cap. xviri.)
(1) ... Menippus, cujiis libres M. Varro in saliris æmulatus est : (|uas alii Cynicas, ipseappeliat Menippeas. (Aul. Gel. Noct. Atlic., lib II, cap. xvm.)
(2) Sed et Theopbrasli Peripaletioi servus Pompylus, et Zenonis Sloici servus, (pii Perseiis vocatusesl, et Epicuri, cuinomeii Mys fuil, pbilosopbi nonincelebresvixerunt.(Atil. Gell. Noct. Allie., lib. II. cap. xviii.)
(3) Diogeiies etiara Cynicus servilulem servivit. (Aul. Gell. Nocl. Allie., lib. Il, cap. xviii.^