‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 134 sur 166 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Oui, toutes les femmes auxquelles Horace adresse des vers , Pyrrlia , Lydie , Leuconoé , Tyndaris , Glycère , Cliloé , Bariiie , Astérie , Lycé , Néobulé , Chloris , Pliidylé, Galalée,Phyllis, Pliryné, Ncæra , Cinara(i) ; toutes celles dont parle Catulle, Lesbia, Hypsithille . Acmé, Quintia, Auûicna (s) ; toutes celles dont parle Tibulle , Délia , Néæra (s) , étaient des courtisanes , des courtisanes affranchies , libres par conséquent , et tenant un état plus ou moins brillant, selon leur beauté ou selon leur esprit. Nous aurons à montrer tout à

sens de tous les vers adressés à ces femmes, et littérale ment par des passages comme ceux-ci :

Me UBERTiriA, neque iino Contenta, Phryne macerat.

(Uonl., Hpod. lib., od. xiv. v. 15, IG.) Grata detimiit compede Myrlalc LlBERTiriA , fretis acrior liadriæ.

{Horal., Carmin., lil). f, od. xxxiii.)

Il y a d’ailleurs dans Alliénée un passage qui ne laisse pas de réplique, car on y lit ces mots : «Non-seulement les courtisanes, mat s encore les autres femmes esclaves... « où p.ô'iO'* èrxipoùaxti , àX}.x xal rat; â/Àeccf ^oùXxtç, n (Allicn. Deipn., lil). XIII, cap. vi.)

(1) Pyrrha, Carmin, lib I, od. v; Lydia , od. viii; Leuconoe, od. xi ; Tyndaris, od. xvii j Glycera, od. xix; Cbloe, orl. XXIII ; Barine, Carmin, lib. 11, od. viii; Asterie, Carmin. lib. III, od. VII J Lyce, od. x , Neobnle, od. xii ; Chloris, od. xv;Pbydile, od. xxiii; Galalea, od. xxviii; Pliyllis, Carmin, lib. IV. od. xi; Pliryne, Epod. bb ,od. xiv; Neæra, Epod. Iib., od. XV ; Cinara, Carmin, lib. IV, od. xiii.

(2) Lesbia, carm. 11; Hypsithilla, carm. XXXIl; Acme, carm. XLV ; Quintia. carm. LXXXVI; Autileiia, carra. CIX.

(ô) Délia, lib. 1, eleg. i ; Neæra, lib. III, eleg. 2.

LES COÜRTIS.VNES.

l’heure quelle splendide et incroyable fortune firent quelques-unes de ces femmes ; parlons , en attendant , de leurs habitudes intérieures et de leur vie quotidienne.

La plupart de ces courtisanes affranchies étaient grecques; le nom de presque tonies celles que nous venons de mentionner l’indique assez. Sans que l’on puisse dire au juste quel était leur costume, il est certain qu’à Rome les lois somptuaires leur défendaient de s’habiller comme les dames nobles. Tibulle recommande à Délia d’être chaste, quoiqu’elle n’ait pas le droit d’avoir des bandelettes à ses cheveux 5 et de porter la longue robe à queue (i) , qui était le privilège des femmes de noble condition. Catulle, dans une comparaison qu’il fait de Lesbia et de la maîtresse de Formianus, dit queXesbia avait le pied plus mignon et les doigts de la main plus longs ( 2 ) , ce qui indique qu’elle ne portait pas le costume des dames romaines, car ce costume cachait les pieds et les mains.

Ces affranchies étaient fort dévotes, ou du moins elles fréquentaient immodérément les temples. Propcrce se plaint à Cynthia de ce qu’elle n’y allait pas exclusivement pour prier (5). C’était en général vers

(1) SU modo casla docr; quamvis non villa li{jalos

Impediat crines, nec slola longa pedes.

(Tibull., lil). I, elefî- vi, v. 67, 68.) '

(2) Salve, ncc nimio pueila naso,

Nec bello pede, nec nigris ocellis,

' Nec longis digilis . . .

(Catull., carm. 43.)

(3) Fanaque ppccalis plurima causa luis. ' ■

(Propcri., lib. II, eleg. XV, V, 10.) '' '

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