‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 135 sur 166 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

midi que ces dames recevaient le monde élégant (i), dans un costume fort léger, et enveloppées , l’été , d’un vaste moustiquaire de soie (2) , pour se préserver de la piqilre des mouches. Les jeunes gens riches et les poètes allaient faire cercle autour d’elles, en sortant du Forum (3) , quand les affaires de la matinée étaient

(1) Ceci résulle d’un billet fort obscène de Catulle à Hypsilbitlc, dont nous ne citerons que ce vers :

Jubé ad te veniam meridiatiim.

(Calull., carm. XXXIl.)

(2) Le moustiquaire, qui semble avoir été importé à Rome de la Grèce, ne servait qu'aux courtisanes, qui étaient presque toutes Grecques. Il s'appelait en grec xw^wreetov , de xwvo'/>, moucheron^ et avait été latinisé dans le mot Conopeum, qui se lit dans plusieurs auteurs, entre autres dans Horace ;

Interque signa turpe militaria Sol adspicil Conopeum.

(Hnrat., Epod. lib., od. ix.)

L'usage que les courlisanes Faisaient du moustiquaire l'avait rendu un objet de mépris pour les Romains; Properce donne à entendre qu’il avait été introduit à Rome par des Égyptiennes, et il s'indigne qu'on en eût sali ia JRocht Tarpéienne :

Fædaque Tarpeio Cono|>ea tendere saxo.

(Proj)erl., lib. 111, eleg. ix, v. 45.)

Vers la fin du règne de Domitien , le moustiquaire était de> venu d'un usage fréquent à Rome ; les vers suivants de Jiivénal ffldt connaître nu'on en enveloppait le berceau des enfants : Ut tesluninro Ubi,Lentule. Conopeo Nobilis Euryalum mirmillonem exprime! infans.

(Juven., sat. IV , v. 79, HO.) ,

(3) Un grand nombre de témoignages établissent que 1rs affaires publiques qui se traitaient sur la place du Forum se

LES COUBTISANES.

closes. La plus stricte bienséance s'accoraniodait de ces visites que les honunes les plus éminents de l’État faisaient journellement, et au su de tout le monde, aux alTrancbies à la mode, et il n'y avait pas de gentilhomme si distingué qui ne se trouvât flatté quand l'une d'elles lui empruntait sa chaise et sa livrée. Catulle raconte qu'ayant été conduit par Varus chez sa maîtresse, et ayant dit dans la conversation qu'il venait de renouveler l’équipage des Maures qui portaient sa litière, elle les lui demanda sans façon |K>ur aller au temple de Sérapis (i).

La journée des affranchies était consacrée aux relations du monde; leur soirée appartenait aux relations galantes. A l'entrée de la nuit, les jeunes gens riches et oisifs commençaient leurs courses. Quand les courtisanes passaient pour faciles ou s’étaient compromises, les visiteurs allaient sans façon faire du vacarme à leur porte et ébranler leurs volets (2) ; mais

terminaient à midi , et que de là les oisifs allaient à leurs plaisirs. C'est dans le sens de ce fait général qu’il faut entendre ces deux vers :

Varus me meus ad suos amorés Visum duxerat, è furo oliosum.

(Catull., carm. X.)

(1) Qtiæso, inquil, milii, mi Catulle, paulùm Islüs commoda ; nam voio ad Serapim Oeferri.

(Catull., carm. X.)

(3) Parcius jtinclas quatiunl feneslras Iclibus crebris juvenes prolervi,

Nec tibi somnos adimunt . . .

(Horat., Carm. lib. 1, od. xxv.)

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