CHAPITRE XVII
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nombreuses variations , pour,que nous ne nous bornions pas à quelques indications générales {i).’H n’y avait à Rome que les femmes nobles qui eussent le droit de porter la robe traînante et à queue, qu'on appelait étole (2) ; celte robe, serrée à la ceinture avec une agrafe d’émeraudes, étaitouverie par-devant et laissait voir une cotte de couleur dillérenle. Les courtisanes n’avaient donc pas l’étole; elles portaient des'robès courtes j c’est-à, dire descendant seulémeut jusqu'aux pieds. Quand elles étaient riches , celle robe était de soie ou de laine teinte en pourpre, avec des dessins
(1) Nous allons erapninler.oii plulôl conliniierd'empi un-
ler aux Pèrrs lutins du deuxième et du troisième siècle, et principalement à saint C 3 ’prien et à Terlullien, les détails relatifs à la Vie intérieure des affranchies. Noiisavons besoin de faire remarquer que les passages de leurs livresque nous citons sont de la plus grande rigueur d’application dans notre sujet, parce (pi’en nommant et en blâmant les^divers détails de toilette rechcrcliée qui se trouvent dans leurs ouvrages, ils font tous leurs efforts pour en détourner les femmes chrétiennes , comme de soins excessibî à l'usage exclusif des courtisanes. C’est ce que les Pères disent enxinèmes à chaque instant ; nous nous bornerons à transcrire ces mots de saint Cyprien : .
Fugianicaslæ virgines et pudicæ incertaruin cullus, habitus impudicarum, lupanarium insignia, ornaraenta mere* tricum. (D. Cyprian., De habit. Virgin., p. 177.)
(2) Converle ad fæminas, habes spectare quod Cœcina severus graviter senatui impressit, matronas sine stola in publico . . . quoniam indices custodesque dignilatis habitus, et lenocinii faclitandi impedimenta, sedulo quædam desucfeceraul. (TerluH., De pall., cap. iv.J
LES COURTISANES
(l'or (i) ; quand elles étaient de fortune médiocre , la robe était en étoffe de coton (s). Les laines les plus renommées étaient celles de Milet et de Selge , dans l’Asie Mineure; cellesd’Aliinoetde Tarenle, en Italie, et celles de Grenade en Espagne (s). Les laines noires de Grenade s’employaient sans teinture , et l’écarlate que prenaient des laines de Grenade ne déteignait jamais.
Toutes les femmes élégantes de l’antiquité portaient des bas , ou plutôt des caleçons très-serrés avec dos pieds. Dans l’intérieur, elles avaient pour chaussure des escarpins en satin blanc (4), avec des perles (5) en
(1) Sericum et purpuram indutæ Christnm inducere' non possunt. (D. Cyprian., De habit, virg., p. 177.)
Tu. licet indumenta peregrina et vestes sericas induas , nuda es. (D. Cyprian., De lapsis. p. 191.)
(2) TerluUien parle des arbres que les XnAi&ns filaient , ce qui désigne clairement le colon : ... « Si ab inilio reriim et Miiesii oves londerent,Seres arbores nerenl ...» (Tertull., De cuit, feminar., lib. I, cap. i.)
(3) . . . Necde ovibus dico Milesiis, et Selgicis, et Altinis. aut quas Tarenlum vel Bælica cluit . . . (Tertull., üe pall., cap. III.)
(4) Pes malus in nivea semper colelur aluta.
(Ovid., De art. amand., lib. III.)
' ... Aut mulleolum inducit calceum. (Tertull., De pall., cap. IV.)
(5) L’usage des perles appliquées en broderie à la cbaus- .siire vient des Orientaux. Les dames romaines qui en virent pour la première fois à des Parthes restèrent stupéfaites de tant de magnificence, dit Tertullien. (De cuit, feminar., Iil). I, cap. vu.)
CnANIER DE CASSAGNAC. — I. 31