‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 14 sur 166 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Voilà pourquoi il s'appelait divin, comme Achille , c’est-à-dire fils de Jupiter, qui est le vrai sens de divus et dedîcç (i). Avant que la flatterie se fût mêlée de troubler la hiérarchie, il n’y avait guère à Rome que les membres de la famille des Jules qui s'appelassent

Il y avait encore un autre mot par lequel se désignaient les anciennes familles latines qui descendaient des dieux; c’était celui depius, qu’on a traduit à tort par pieux. Virgile appelle constamment Énée pius, c’est-à dire fils de Jupiter , signification que les nombreux traducteurs qui se sont succédé ont généralement ignorée. Les preuves de ce que nous disons là sont faciles -et concluantes, et nous avons quelque plaisir à les déduire , parce qu’il s’agit d'un point historique assez curieux, qui est en même temps un point littéraire fort piquant.

D’abord Suétone raconte qu'après les victoires de Tibère en Illyrie , le sénat voulut lui donner immédiatement le surnom depius (2), lequel devait avoir une signification plus honorable que celui d'augustus , qu'il signait , et qui était héréditaire dans la maison Claudia (3). Ensuite, Virgile alterne habituellement le

Jiilii, cujus génois familia. est nostra. (Suel. Tranq. Jul. Cæsar., cap. VI.)

(1) Cæsar, Divi genus....

(Æneid., lib. VI , v. 795.)

(2) CenseiTinl eliam quidam, ul Pannonicus , alii ut

invictus, nonnulli ut cognomiiiarelur. {Sueloii. Tranquill. Tiber. Nero., cap. XX.) '

(5) .Ac lie /VMÿMsI/ quidem noinen, quanquam liærcdi-

OBIGINE DE l’esclavage.

surnom de plus avec plusieurs autres qualifications qui signifient fils des dieux ; au troisième et au cinquième livre de l’Énéide , il appelle Anchise et Énée fils d’une déesse (i); au sixième livre, Énée dit luiméme à la Sibylle qu’il est fils de Jupiter (2) ; au dixième livre, il est qualifié de race divine (3). D’un autre côté , le mot pius se trouve expliqué dans ce même livre où Junon, après avoir dit que ce serait une nécessité bien douloureuse, s’il fallait que Turrius versât son pieux, ajoute : Il est de notre race {*). Enfin il y a trois passages, l’un dans Tcrtullicn, l'autre dans Papinien , le troisième dans les Pandectes, qui ne laissent aucune sorte de doute relativement à la signification de pius. Dans ces trois passages il s’agit d’un mot tiré de pius, du mot pietas, lequel y sert à désigner læ puissance paternelle, c’est-à-dire, comme nous le verrons plus bas, la puissance attachée

tarium , ulüs nisi ad re^jes ac dynastas epistolis addidit. (Sufttoii. Tranq. Tiber. Nero. cap. XXX.)

(1) Nate DEA, nam te majoribus ire per allum, Âuspicibus manifesta fides.

(Æneid., lib. III, v. 374.; Nate dea , si nemo audet se credere piignæ....

(Æneid., lib. V, v. 383.)

(2) Et mi genus ab Jove summo.

(Æneid., lib. VI, V. 123.)

(3) Vigilasne , DEDM GENS?

(Æneid., lib. X, v. 228.)

(4) Nunc pereat, Teucrisque no det sanguine pœnas : 111e tamen rostba deducit origine nomen.

(Ænçid., lib. X, v. 618.)

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