‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 140 sur 166 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

5Gt

habitude en avait fait disparaître toute malignité. Indépendamment des bains de la ville , il y avait encore à Rome les bains pris l’été dans le Tibre. 11 paraît que les gens comme il faut en usaient de préférence. Un beau nageur était à Rome un homme notable auprès des femmes. Horace cite un amant de Lydie auquel sa passion faisait oublier les bains du Tibre (i), et il conseille à Astérie de fermer l’oreille aux propos d’un jeune cavalier, qui était pourtant le premier nageur de la république (- 2 ). Suétone, après avoir raconté fort au long l’adresse de Caligula à une foule d’exercices , s’arrête tout court pour faire cette singulière réflexion : c Oh fut toujours surpris de ce que ce prince ne savait pas nager (3). »

Pendant le bain, les femmes qui se piquaient d’un peu d’élégance se faisaient frotter avec du savon parfumé ; il paraît même que la consommation que certaines d’entre elles en faisaient était fort considérable; car Démétrius Poliorcètes , après avoir gagné une bataille rangée contre Ménélas, frère de Ptolérnée, pendant les longues guerres qui divisèrent les successeurs d’Alexandre, imposa aux Athéniens, qui s’étaient rendus à discrétion, une amende de deux cent cin-

(1) C.ur timet flaviim Tiberim langerc ?...

(Horat., Carmin., lib. I, od. viii, v. 8.)

(2) Nhc quisqiiam citiis æqiie

Tusco denalat alveo.

(Horat., Carm., lib. IH, od. vu, v. 27, 28.)

(5) AUjue hic tam docilisad cætera, natare nesciit. (Suel., Tranq. C. Cæs. CaÜRul., cap. uv.)

LES COURTISANES

quan le talents pour acheter du savon (i) à la belle l.amia, sa maîtresse, qu’il avait trouvée dans les bagages du vaincu. Après le savon venaient les essences précieuses, dont les coquettes se faisaient oindre le corps pour rendre la peau lisse et odorante (2) ; et elles avaient l'habitude, durant les grandes chaleurs du jour, de se saupoudrer le corps avec une poudre astringente, qui possédait le double avantage de sécher la peau, et de donner aux chairs une tension sans roideur et une élasticité sans mollesse (3).

On n'aura pas dé peine à croire que la vie d’une courtisane grecque ou romaine de quelque renom devait coûter fort cher; aussi étaient-elles toujours, pour le principal, à la charge de quelqu’un. Selon l’expression de l’une d’elles, cela s’appelait avoir un ami et en être obligée {*). Du reste, les fils de famille qui avaient assez de hardiesse pour en approcher, laissaient habi tuellement entre leurs mains les meilleurs lambeaux

(0 ••• (ô riQpoiafiillOv rb àpyùpiov, ixéXsvas

Aocfiici xxl TKïs nepi éraipati eig cpi./iypLK SoOrivou.

(Plutarch., Deinelr., cap. xxviii.)

(3) ... Faciem raorosiomn lavacro macérant, forsilaii et aliqiio eani inedicamine interpolant . . . TertuH., De Virgin. veland., cap. xii.)

(3) ^«Ivîract Sk xa.1 tsc 3ixiiiepi.KTX tô5v yxjvxtxûv , oTi xvxpjzx^ou<7c TOUS iâpürxg, nixpx fùau xat 0TU7rT<x« ovtoc afoSpànnrt rob oTjSuyvoûvTOS nixpob. (Plularch. , Sympos. , lib. I, quæsi. VI.)

(1) C’est ec que Tliéodole répondit A Socrate dans leur onlrevne. Voir la note 1 de la page iî37.

ôl.

Page 1