‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 141 sur 166 · CHAPITRE WH · texte numérisé non relu

CHAPITRE WH

(le leur fortune (i). Catulle se sert, en parlant de Lesbia, avec laquelle il s’était brouillé, d’une expression dont l’énergie ne laisse place à aucun commentaire ; il dit quelle écorçait la magnanime postérité de Uémus (2).

Ceci nous mène à parler de vingt-trois odes, adressées à des courtisanes, qui se trouvent dans les œuvres d’Horace. Le poète , qui n’était pas très-riche , se servait autant qu’il le pouvait de sa monnaie rhythraique. Malheureusement, les belles affranchies qu’il a immortalisées ressemblaient un peu à Chrysale, et ne vivaient pas de beau langage , excepté une pourtant , qui parait n’avoir jamais demandé à Horace que des vers. Il faut voir aussi avec quelle reconnaissance il parle d’elle ! Dans une ode à Lycé, il la maudit d’avoir tant vieilli , tandis que Cinara est morte à la fleur de son âge ( 3 ). Dans une ode à Venus, il parle avec trans-

(1) Horace parle en ces termes de l’espèce de terreur V (Iti’inspirail aux familles' la beauté de Barine ;

Te suis maires melinint juvencis,

Te senes parct, miseræque nuper Virgines nuplæ, tua ne retardet Aura marilos.

(Horat., Carmin., hb.II,od. viii, v.21,22,23,24.)

(2) Nunc in quadriviis et angiporlis Glubit magnanimus llemi nepotes.

(Calull., Catin. LVlIl.)

(5) . . . Cinaree brèves

Annos fata dederunt,

Servatura diù parein Cornicis vetulæ temporibus Lycen.

(Horat., Carra. ,lib. IV, od. xin, v. 22, 23, 24,25. )

LES COUBTISANES.

port tlu règne de la bonne Cinara (i ). On est presque attendri de tant d’éloges , jusqu’à ce qu’on en trouve l’explication dans l’épître à son jardinier , où il lui rappelle avec satisfaction qu’il a plu autrefois gratis à la rapace Cinara (2).

U nous reste maintenant à parler du rôle politique que quelques courtisanes jouèrent autrefois dans la Grèce et dans l’Italie.

Ily a eu principalement deux courtisanes qui jouirent d’un immense pouvoir politique à Athènes et à Rome : Aspasie , maîtresse de Pcriclès , et Præcia , maîtresse de Céthégus. Quelques autres , comme ïhargélie , Théodote , ïimandra, Laïs et Flora, quoique d’une position moins élevée , méritent néanmoins d'être mentionnées par les relations qu’elles eurent avec les hommes les plus éminents de leur siècle.

Thargélie était une Ionienne , maîtresse du roi Xerxès, qui lui gagna beaucoup de partisans parmi les villes de la Grèce (3). Théodote était une belle femme , dont nous avons déjà parlé , que Socrate alla voir sur sa réputation , et à qui elle rendit sa visite («). L'his-

(1) Qualis eram honæ Sut) rr^^no Cinarœ . . .

(Horat., Carm., lil>. IV, od. i, v. 2, 3.)

(2) Quem scis immunem Cinaræ placuisse rapaci.

(Horat., Epist., lil>. I, episl. xiv, v. 3ô.)

(2) Kodyxp ■/) ôxpyriXtx, rà T’etü '05 evTzpînr,i -/vjopévv), /.xi exovffx ixîzx J'stvÔTujTOS, Tt^sisrois //sv 'E^./vivMV <ruvw- X'/jasv xvSpiat, iravraç Ss Tcpo^iTiotYjss TOÙ 5 ■n'/./itix-

17 X/TXÇ (Plularcli., Furicl., cap. xxiv.)

(2) Xeiiopli., Mcmurabil., lib. III, cap. xi.

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