CHAPITRE XVIII
Furent presque tous par la famine, par la peste et par l’épée (i).
La Sicile s’était à peine remise de cette épouvantable secousse , qui lui avait enlevé plus de soixante mille ouvriers , lorsque la seconde révolte éclata. Elle fut causée , avons-nous dit , par l'inexécution des règlements. Un esclave pasteur, originaire de Gilicie et du nom d’Athénion , assassina son maître, souleva l’ergastule , et réunit en peu de temps une armée aussi nombreuse que l’avait été celle d’Eunus le Syrien ( 2 ). Athénien força également deux camps prétoriens, mais ses esclaves périrent comme avaient péri ceux d’Eunus , par la famine ( 5 ).
Un trait fort caractéristique , et qui fut commun à Eunus et à Athénien , c’est qu’en se révoltant ils n’eurent ni l’un ni l’autre l’idée d’abolir l’esclavage et d’établir l’égalité. A peine au milieu de leurs armées , ils se hâtèrent d’oublier qu’ils avaient le con pelé par la chaîne, et de goûter avec délices les prérogatives de la seigneurie. D’abord , ce qui est facile à croire , les châteaux , les^villages , les villes furent mis au pillage (a) ; ensuite les deux chefs se parèrent avec une
(1) ... Apud Ennam novissime obscenos, quum famé, ex quâ pcstileiilia, consumpsisset . . . (Flor. , lib. III, cap. XIX.)
(2) Alhenio paslor. . . non minorem, quara ille fanalicus prior, confiai cxercitum. (Flor., lib. III , cap. xix.)
(3) Aquibiis... intcrclnsiim hoslem commealibus ad ex- Ircma cornpiilil. (Flor., lib. III, cap. xix.)
(4) ... Vicos, caslella , oppida diripiens , in dominos, in
LES BANDITS
joie puérile des insignes de la royauté. Âlhénion le pâtre surtout ne marchait que revêtu d’une riche robe de pourpre , tenant à la main une canne d’argent , et le front ceint d’un diadème (i)
La révolte de Spartacus fut plus terrible encore, et il faut voir avec quelle humilité douloureuse en parle Florus ; car cette fois ce n’était pas même une révolte d’esclaves, c’était une révolte de gladiateurs (2).
Un nommé Lentulus Batiatus , de Capoue , avait pour profession de nourrir des esclaves qu’il dressait ù l’escrime , et dont il faisait des gladiateurs (3). il en avait à peu près cent paires , qu’il tenait enfermés et qu’il destinait à combattre entre eux à outrance, quoiqu’ils n’eussent rien fait. Ces esclaves , presque tous Gaulois , Allemands ou Francs, résolurent de s’échapper et de s’enfuir. Ils élurent trois chefs , Spartacus, Crixus et OEnomaüs {*). Leur projet ayant été découvert, la moitié seulement d’entre eux parvint à sortir,
serves infestius, quasi iti Iransfugas, sæviebal. (FIor.,!ib. III, cap. XIX.)
(1) Ipse veste purpureâ, argenleoque baculo, et ngium in morem fronte redimita. (Flor., lib. III, cap. xix.)
(2) Bellum Sparlaco duce cuncitatuin qiio nomiiie appellera, nescio j quippe cura servi railitaverint , gladialorcs illi inliraæ sortis horaines , bipessiraæ, auxere ludibrio calaihitatem. (Flor., lib. III, cap. xx.)
(5) AÉVtAoU Ttvàs HxTlizOV flOVOflÿ.XGVi £V RaTTÛ») TpSyOVTOS,
oi TtoXXoiTKj.x7ou xodQpü/.iir^ijxv... (Plutarcli., M. Crass., cap . viu )
(4j Spartacus , Ci ixiis, Æiiomaus, elîraclo Lenluii Iiido,