CHAPITRE XVIII
armés de couteaux , de couperets et de broches qu'ils avaient pris dans les rôtisseries (i). A peine hors de Capoue, ils rencontrèrent quelques charrettes appartenant à leur maître , et portant dans des villes voisines des armes destinées à un combat de gladiateurs ; ils s'en emparèrent. Quelques troupes de la garnison de Capoue s'étant mises en devoir de les ramener , elles furent. battues et désarmées , et les fugitifs profitèrent de cette victoire pour quitter leurs armes de gladiateurs , qu'ils considéraient comme infâmes , et pour prendre celles des soldats romains, ■ qui étaient des armes d'hommes libres (2). Ainsi, pas plus les gladiateurs de Capoue que les esclaves de Sicile n’eurent l’idée , en se révoltant, de proclamer l’égalité des hommes ; les uns et les autres avaient honte de la condition qu'ils faisaient effort pour quitter, au lieu de s’en enorgueil-
cum triginta haud amplius ejusdcm fortunæ viris eruperunl Capua. (Ann. Flor.; Rb. III ,cap. xx, § 1.)
Les auteurs varient beaucoup sur le nombre des gladiateurs <(ui accompagnèrent Sparlacus. Florus est pourtant celui qui l’évalue le plus bas. Nous avons pris un nombre moyen. Il faudrait voir là-dessus : Cicer., ad At'ic., vi, 2; Epit., lib. XLV ; Vellei Palerc., Liv. H, 30, 36; Eulrop. vi, 2; Oro.s., v, 25; Fronlin. 1 , 5, 21 , Lxxiv. Pacatus (Paneg., Theod., cap. xxm) ditqu’il y en avait un bataillon, agmen.
(1) ... *E/: Ttvos OTZTtxveiov xonlSocç àpx/J.evotx.oU oSelinou;,
(Plutarcli., M. Crass., cap. vni.)
(2) K«t npCi-zov p.bi roù? Ix K«7rù>is iXdôvrôci ù>7xp.svoi, x.ad TToii'üv oniuv iudx&àfJisvot Tzolep-taTTopioiv, xa,uevot txütx p.STeXxêavov, 'ocnopp(<pxvzei, wj, xzifix x.xl ^ipèxpx, r'x twv
//.ovo/*âj{<ov. (Plutarch., M. Crass., cap. ix.^
lES BANDITS.
lir , comme les Jacques du moyen âge , ou comme les Gueux des Pays-Bas.
Plutarque , Florus et Appien racontent en détail la guerre des gladiateurs ; elle dura trois années. Tout d’abord Spartacus fut reconnu pour principal chef (i) ; ce fut pour lui une suite de victoires. Il défit successivement cinq armées prétoriennes ou consulaires. A la fin ,1e sénat chargea Crassus de la guerre, et rappela , pour lui être en aide , Lucullus de la Tlirace et Pompée de l’Espagne. Il y eut un moment où l’on crut que Spartacus allait marcher contre Borne ( 2 ) , et la république épouvantée se rappela le temps d’Annibal.
Spartacus, qui était un homme dont le cœur valait mieux que la condition , n’avait qu’une idée ; il voulait qu’on franchît les Alpes , qu’on gagnât les Gaules , et qu’une fuis là, chacun reprît le chemin de son pays (3). La stratégie des consuls et la mutinerie de ses compagnons l’empêchèrent de réaliser .son projet. Il se retourna donc pendant trois ans dans la Basse-Italie , comme une bête fauve dans sa cage , passant et repas-
(1) 'Uyî/tôvas tî'kovro tpûi, <3v npüros r^v STrâ/sraxos... (Pliilarch., M. Crass., cap. vm.) 'O Si tv,s p.vj
hSoïi /uexïyvw, wj oCttw yeyovws (Appian., De
bell. civil., lib. I, cap. cxvii.)
(2) 'O 2jrâ|ST«xo;, -r^taxosiouî 'Pwyaiwv toù;
ivaye'ff^îS JuwJsxa p.\tptà<;i ttîÇwv sj 'Pti/tiijv rjTreiysro...
(Appian., De bclI. civ.. Iilt. 1 , caj). cxvii.
(4) ... ’’Hyev tni rà.i "AXnstç zbv azpxzbv , oco/xïvo; Silv Û7ts^6«AovTas «ùras ini zcc oixgîx xwpstv, tous £ts Gpx/.rjv,
TOUS S’ £ts r«/artav. (Pliilarclu, M. Crasï., cap. ix.)