‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 149 sur 166 · CHAPITRE XVni · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVni

sant les Apennins , essayant de gagner la Sicile , y jetant même deux mille hommes à l’aide de quelques pirates qui le trompèrent (i), et puis brûlant et pillant la campagne ; vidant , au grand déplaisir des gourmets, les caves des amis d'Épicure ( 2 ) , et mettant à sac Nucerie , Noie , Thuriura et Métaponte ( 3 ).

 la hn , deux de ses lieutenants, CaïusCannicius et Castus, affaiblirent son armée en se séparant de loi ( 4 ).  la dernière bataille qu’il livra , comme on lui amenait son cheval caparaçonné , il le tua d’un coup d’épée et voulut combattre à pied (s). H se battit avec l’adresse d’un gladiateur et avec le courage d’un héros. Blessé à la cuisse en cherchant Crassus , il tomba^ et reçut tant de coups d’épée avant de mourir , qu’on ne put pas retrouver son cadavre (e). Il avait avec lui sa femme , une fille de pasteur de la Thrace , un peu versée dans

(1) '0/ioioy;^ff«vTes K.t'A(xe{ «Ûtw xod Süpoc iaSivre» *|’>!7r«T>j(Tav xai knén^svsM. (Plutarcli-, M* Crass., cap. x.)

(2) Et cadiim Marsi raemorem duelli,

Spartacum si qua potuit vaganlein >

Fallere testa.

(Horaf., Carmin., lib. III, od. xiv.)

(3) . . . Nolam atqne Nuceriam, Thurios atque Melaponlum terribili slrage popiilantur. (Flor., lib. III, cap. xx.)

(4) npÜTOv pii» ouv f(ayvoù$ (é Kpxcaot) rots iifeavüai xott xur'lolav arpccTÉUopivoiç , wv à^vjyoüvTO Faïos Recvvbaog x«i Kâffxog iiztOiaSott. ((Plularch., M. Crass., cap. xi.)

(5) Kat np&TOv pii» toü «rrjrou itposayf^BévrOf «Ùtw , anavxpsvoi TÔ ft'jjog... (Plularch., M. Crass., cap. xi.)

(6) Tsvopévrjç a riii pxxnii pxxpxs.,, ri'rpüaxsrat rô» pripbv b ï,Ttxprxxoi iopar'M... xal toi» Enxprxxov viKvv oùjj ebpedfivau (Appian., De bel!, civil., lib. I , cap. cxx.^

LES BANDITS

ia magie, qui l'avait aimé sous la tente, et qui, l’ayant trouvé un jour endormi avec un serpent roulé autour du visage, lui avait prédit qu’il deviendrait un roi terrible et heureux (i). Florus résume ainsi son histoire : il fut, dit-il, d’abord Thrace mercenaire, puis soldat, puis déserteur, puis brigand , puis gladiateur (a). Cette guerre finie , il resta six mille prisonniers de tous les compagnons de Spartacus. On dressa six mille croix sur les deux côtés de la route qui mène de Capoue à à Rome , et on les y crucifia tous le même jour (s).

Le propre de toutes ces révoltes, quelque bien apaisées qu’elles parussent , était toujours , comme on le pense bien, de laisser un grand résidu de bandits et de voleurs , qui s'établissaient par toute l'Italie à portée des voies romaines , et qui s'élançaient des épais marécages ou des gorges montagneuses pour enlever les troupeaux ou pour rançonner les voyageurs. Le désordre des guerres civiles qui précédèrent ou qui suivirent la mort de César en avait produit un si grand nombre , qu’Âuguste fut obligé de distribuer des corps de garde dans toute l’Italie , pour les empêcher de te-

(1) ... A^youfftv... Spiy.OTiza. Tzoi[M.ü>p.ivm icepnz«TzÀsy/*.évov fav9iveu nepl t6 itpôijtano*Vvvri âk,,, /Aocvrcxr) Sk x«t... x. t. A, (Piiitarch., M. Crass., cap. viii.)

(2) . . . üe slipendiario ibrace miles , de milite deserlur, inde lalro, deiiidè in bonure viriumgladialor.^Flor., lib. 111, cap. XX.)

(3) ... OâvTSî ànüXovTO, itXifj iÇaxtaxiXiuv, oi XYi<fdsyrsf ixpepiadrjaavkvk ôiijVTïjv ^s'P<i/*>jvà:7tô Kanû>;$éJov(Appian., l>e bell. civil., lib. I , cap. cxx.)

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