‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 150 sur 166 · CHAPITRE XVTU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVTU

nir la campagne par bandes armées , et d’ènlever les esclaves et les personnes libres (i). Sous Tibère , les brigandages s’étant reproduits avec plus d’audace encore , cet empereur multiplia les corps de garde , et appliqua les cohortes prétoriennes à la garde de la ville (a). I

On doit comprendre que le système des voleurs antiques était différent de celui des voleurs modernes. Les voleurs antiques ne tuaient presque jamais ; ils rançonnaient , et quand la personne saisie n’uvait pas d’argent , ils la vendaient comme esclave , ce qui était un autre moyen de la rançonner. Ces voleurs exerçaient même avec de certaines règles sur lesquelles on pouvait compter. Si l’on était pris par eux, on n’avait qu'à se recommander d’un parent ou d’un ami , et on était conduit sur-le-champ au lieu désigné , et mis en liberté , si le parent ou l’ami se portaient caution. Appien mentionne Décimas Brutus , meurtrier de César, qui fut pris comme il fuyait dans la Gaule , après la mort du dictateur, et qui fut conduit, à sa demande,, au seigneur gaulois sur le territoire duquel il avait été arrêté (3).

(1) Grassatorum plurimi palam se ferebant succinct i ferro... {^rassalores , disposilis peropporluna ioca slationi- J)us, inhibuit. (Suel. Tran(|uil., cap. xxxii.)

(2) In primis tiiendæ pacis a grassaturis ac latrociniis... ciiram babuil. Staliones raililum per Ilaliamsolilo Prequentiores disposuit. (Suei. Tranqiiil. Tiber., cap.'xxvii.)

(3) 'Aioùî Siùnà xal fikv, ârouKEÎlTÜv

JuvâaTou TotOvof... (Appiaii., Üebçll.civ., Ub..IIl, cap. xcvuu)

LES UANblTS.

Il arrivait quelquefois que ces brigands formaient de petites armées , lesquelles se mettaient au service d’un général. Pendant les guerres que Fabius Maximus l'Émilien fit en Portugal , il y avait deux corps de brigands, de dix mille hommes, qui inquiétèrent fort l’armée romaine (i). Ceci s’est même reproduit souvent dans l’histoire moderne. Pendant les guerres qui suivirent la mort de Charles VI , en 1418 , t régnait , dit Monstrelet , sur les marches de Pontoise , l’Isle- Âdam et Gisors , un capitaine de brigands nommé Tabary (a),» Ce Tabary , qui était petit et boiteux , brave du reste , tenait le parti des Bourguignons , ce qui ne l’empêchait pas de couper la gorge aux Anglais du duc de Bedfort. 11 eut l’honneur d’étre tué en 1420 , dans un assaut'qu’il livrait , à la tête de sa bande, en compagnie du maréchal Viiliers de l'Isle-Adam , d’Antoine deCroî, deRobertde Saveuse, du seigneur deNoyelle et de Lyonnel de Bournonville , à la forteresse de Toussy, en Auxerrois , défendue par le seigneur de la Trémoïlle (a).

Nous devons ajouter quelques mots sur une spécialité comprise dans la profession générale de voleur ; c’était la spécialité de corsaire. Nous avons déjà dit que , parmi les peuples les plus anciens qui bordaient la Méditerranée , la profession de corsaire n’était pas

(1) Kat scÙtü TzxpoSiùovTc iùo Xfiarxpx,oi puTX fMpioyj àvS pü-* 1-KtQéiJ.svoif ILoùptài Tixcii ’ATrou/iîtos, èOopùZïj/jxv, /.xi

Xeixv afeiXovro, (Âppiaii., de hell. Hispan., cap. lxviii.)

(2) Chroniq. d’Enguer. de .Monslrelet, liv. I, cliap, ccn.

(•ï) Ibid. , cliap. ccxxMii.

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