‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 156 sur 166 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

qui fit donner à son premier magistrat ic nom de prévôt des marchands , au lieu du nom de maire » qui était plus habituel.

Cependant la ville de Paris ne renfermait pas seulement la seigneurie de la commune; elle renfermait encore la seigneurie du roi. La seigneurie du roi était (lu titre de vicomté, et elle était sous la garde d’un lieutenant du roi , qui portait le nom de prévôt de Paris.

Il ne faut donc pas confondre le prévôt des marchands avec le présôt de Paris ; le premier était un magistrat municipal , le second était un officier du roi, et par conséqueijt leurs juridictions étaient parfaitement distinctes et séparées.

Etienne Boileau, qui rédigea, en 1258, les statuts des jurandes , était prévôt de Paris; c’est à-dire que les jurandes reçurent leur institution du pouvoir royal , à l’imitation des jurandes romaines, à partir du règne de Trajan.

Lorsque Étienne Boileau rédigea les statuts des jurandes, elles existaient déjà depuis fort longtemps. Philippe-Auguste est cité en plusieurs endroits du registre, notamment au titre premier, comme ayant réglé les métiers. L’ordonnance prévôtale de l’anr née 1258 ne créa donc pas les jurandes; elle les coordonna seulement par rapport au pouvoir royal , et le principal de l’œuvre d’Étienne Boileau consista à réunir dans un seul corps les coutumes particulières à chaque métier, dont la plupart n’avaient probablement jamais été écrites.

JURANDES MODERNES

Le registre des métiers contient les statuts de cent professions industrielles ; les voici dans l’ordre du registre ; on trouvera dans leur seul énoncé une sorte de sommaire de l’induslrie française au treizième siècle.

C’étaient les talmeliers (boulangers) , les meuniers, les blaiiers ( marchands de blé) , les mesureurs de blé, les crieurs, les jaugeurs, les taverriieçs, les cervoisiers ( fabricants de bière) ; les regrattiers ( détaillants), de pain , sel, poisson de mer; les regrattiers de fruit et de jardinage; les orfèvres , les potiers d’étain , les cordiers, les ouvriers en menues œuvres de plomb et d’étain ; les ferriers (ouvriers en fer) , maréchaux, taillandiers; les couteliers, les serruriers, les boîtiers, les batteurs d’archal , les boucliers de fer, les boucliers de cuivre et de laiton, les tréfiliers de fer, les tréfiliers d’archal , les clouticrs , les haubergiers ( faiseurs de hauberts ) , les patenôtriers d’os , les patenôtriers de corail , les patenôtriers d’ambre et de jais , les cristalliers, les batteurs d’or et d’argent à filer, les batteurs d’étain , les batteurs d’or et d’argent en feuilles, les laceurs de fil et de soie, les fileurs de soie à grands fuseaux; les fileurs de soie à petits fuseaux , les crépiniers de fil et de soie , les ouvriers en tissu de soie , les brauliers ( faiseurs de braies ) en fil , les drapiers de drap de soie et de velours, les fondeurs, les ouvriers faiseurs de fermoirs à livres, les faiseurs de boucles à souliers , les tisserands de soie, les lampistes, les barilliers, les charpentiers; les maçons, tailleurs de pierre et plâtriers; les fai-

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