‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 157 sur 166 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

seurs d’écuelles et hanaps , les tisserands de draps , les fabricants de tapis sarrazinois , les fabricants de tapis communs et couvertures , les foulons , les teinturiers, les chaussiers, les tailleurs de robes, les marchands de lin , les marchands de chanvre et de fil , les marchands de grosse toile de chanvre , les épingliers , les sculpteurs faiseurs d’images de saints , les peintres faiseurs d’images de saints , les huiliers , les fabricants de chandelle de suif, les gaîniers , les garnisseurs de gaînes, les fabricants de peignes et de lanternes , les fabricants de tables à écrire , les cuisiniers , les poulaillers , les fabricants de dés à jouer, les fabricants de boutons , les baigneurs , les potiers de terre, les merciers, les fripiers, les boursiers; les peintres en bâtiments et les selliers; les fabricants d’arçons de selles, les peintres blasonniers pour selles , les bourreliers , les fabricants de mors , les apprêteurs de cuir , les cordonniers en cuir , les cordonniers en basane, les savetiers, les corroyeurs, les gantiers, les marchands de foin, les fabricants de chapeaux de fleurs , les chapeliers en feutre , les chapeliers en coton , les chapeliers en plumes de paon , les fourreurs , les faiseuses de chapeaux pour dames, les fourbisseurs, les archers, les pécheurs dans l’eau du roi , les poissonniers d’eau douce , et les poissonniers de mer.

Si l’on voulait, avant d’aller plus loin, chercher quels points de ressemblance les jurandes françaises pouvaient avoir avec les jurandes romaines, il faudrait les considérerpar rapport au chef de l’Étal, par rapport

JURANDES MODERNES

aux personnes qui en faisaient partie , et par rapport à elles-mêmes.

Considérées par rapport au chef de l’État, les jurandes françaises se divisent, au treizième siècle, en deux catégories. La première comprend celles qui avaient besoin d’autorisation , la seconde celles qui n’étaient tenues qu’à se conformer aux règlements de la profession. Les jurandes romaines ne se trouvèrent jamais dans une condition analogue, car nous avons vu qu’elles furent toutes libres en se conformant aux lois, jusqu’à Trajan , et qu’à partir de ce prince elles furent toutes soumises à l’autorisation préalable. Du reste, cette division des jurandes semble avoir été fort arbitraire, ou du moins il parait impossible d’en trouver aujourd’hui les raisons théoriques , s’il en existe. Ainsi, tantôt il y a des professions d’une grande importance qui sont libres, comme celle d’orfèvre, et des professions d’une importance médiocre qui ont besoin d'être autorisées , comme celle de maréchal ; tantôt, au contraire, il y a des professions de grande conséquence qui ont besoin de l’autorisation royale, comme celle de boulanger, et d’autres de moindre conséquence, qui ne sont soumises qu’aux coutumes du méliêr, comme celle de cordier. Nous n’avons remarqué qu'une seule espèce de jurandes qui soient toujours soumises à l’autorisation ; ce sont celles qui constituent presque des fonctions publiques, comme la profession de crieur, de mesureur de blé, de jaugeur.

La situation des métiers ou professions libres était I. 55

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