CHAPITRE
que les pères aristocraliques , les pères nobles, les pères fils des dieux, qui aient joui de cette autorité absolue sur leurs enfants. Elle existait pleinement du temps de la guerre de Troie, comme le prouve évidemment le sacrifice dTphigénie, qui est un fait complètement identique au sacrifice d’Abraliam. Néanmoins, à Sparte , ville noble , ville de gentilshommes, ville où il n’y avait pas de bourgeoisie , ainsi que nous le montrerons plus bas, le droit de vie et de mort sur les enfants paraît s’être conservé fort tard. Il existait complètement du temps de Lycurgue. Plutarque rapporte qu’à cette époque il y avait à Sparte , à la naissance d’un enfant , une espèce de conseil de famille , où l’on délibérait si le noiiveaii-né serait gardé ou tué (i). A Athènes même , ville démocratique, où le droit civil remplaça de bonne heure le droit seigneurial et domestique , l’autorité absolue des pères finit si lard, que, du temps de Solon, beaucoup d’Athéniens vendaient leurs enfants , chose , dit Plutarque, qu’aucune loi ne défendait (2).
En général , c’est durant la période homérique que
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(2) IIoA/ol <îè xai nxïSxg iSloug r,vuyxi^ovzo Tt'j)*.sïv' oùSsig ykp vàp.og ixdj).us. (Plularch. Solon , cap, XIII.)
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ORIGINE DE l'esclavage. 05
l'autorité absolue des pères de famille fut en pleine vigueur parmi les peuples de la Grèce. Cette période correspond exactement, dans l’histoire des législations comparées, à l’époque des patriarches chez les Juifs.
Par exemple , à chacune de ces deux époques , les filles étaient encore la propriété du père , et il fallait les payer un certain prix pour les épouser et les emmener. Ainsi Jacob servit Laban sept années pour obtenir sa fille Rachel (i) ; ainsi Othryon s’engagea à servir Priam pendant le siège de Troie pour obtenir sa fille Cassandre, sans dot, c’est-à-dire sans l’acheter autrement que par ses services. Après avoir dit ce mot : sans dot , Homère ajoute immédiatement que son amant promit de l’acheter par l’expulsion des Grecs (2). Du reste, ceci sera justifié plus bas. La dot, comme nous l’entendons, appartient à l’époque , bien postérieure , où l’existence des enfants dans la famille fut constituée, et où non-seulement ils ne dépendirent plus absolument du père , mais où ils eurent même une part fixée, un droit dans sa succession. C’est pour n’avoir pas des idées bien nettes sur les matières de la famille , que tous les traducteurs des poètes primitifs commettent de monstrueuses erreurs et défigurent leurs modèles. Nous nous arrêtons, du reste, à moitié
(1) Je vous servirai sept ans pour Rachel, votre seconde fille. (Genèse, ch. xxix , v. 18.)
(2) ''Htîe oè Hpiifioio eïSoi àplav/jv
IdoLtjaivS pYjv, ùvciéâvo-J‘ ûttsXîto Si ft-éysi. tpyov,
’Ex Tpalrti àéxovras àn(i>sép.îv ut«ç ’Ax*‘wv.
(Iliad., iil). Xin, V. 367.)
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