CHAPITRE ni
chemin de nos preuves relaliveinenl à l'analogie des législations grecque et hébraïque, aux deux époques , dont nous venons de parler : nous disons ici ce qui est indispensable ; le reste viendra en son lieu.
La législation romaine est fort riche en souvenirs de l’antique autorité paternelle, et les chroniques confirment amplement tout ce que dit la législation. Dans son histoire des antiquités romaines, Denis d’Halicarnasse rappelle la vieille loi du code papyrien qui autorisait les pères à tuer et à vçndre leurs enfants (i); le code de Justinien la mentionne pareillement (2) , ainsi que le Digeste (a). Denis d'Halicarnasse, qui n’avait pas l’intelligence critique du fait qu’il rapporte , dit que cette loi fut faite par Romulus, et que les décemvirs la transportèrent dans les Douze -Tables (a).
(1) 'OJfi Twv'PWjUaiwv vo/aq0stv)s aTtoaav, 6ii e'ntsiv, sJwxsv è^où(T«xv ic«Tpl xa0’ ùtoO, x»i Trapà Travrct tôv toû /3iou XP°~ vov..., èâvTS àjroxTtvvuvat Tcpoot-tp/iTXtm (Dion. Halicar. AlUi<|-> Mb. U , cap. XXVI.)
(2) Patiihus... jus viiæ in libefos necisque poleslas oliin eral permissa. Cod., lib. VIII, lit. xlvii, leg. X.,
(3) Licet pos exhærodare, qnod et occideie licebal. (Digest., lib. XXVIII , lit. ii , leg. XI.)*
(4) K«t oiâk èvT(x.ii6u ï<tTti tÂs è^ouaiui à twv '’PaftKlwv
■jofJioOérrii, àXXà. xxl èfr^xs tôv ûtàv t&î Ttarpi... xat
0 TtâvTWv fJLiXtsrx 5x\jp-i<sîiev ôiv zti , Otto toi; 'EiArjvjxotj Y)0e(j< Toïs txXeXv/xévoiç rpxfeli, wî irtx/sàv xxi rtjpxvvixbv, xai toDto ffUV£Xcijp>J« TW TtXTpl, tâst/5It>js 7tpâ(7îws ay’ Uo-J
Xpti/ixtlaXdQxt, /.tsiÇova o'oùs è^oMsix-J nxzpl xxzx nxiSbi;, rt oainroT») xxzx SovXo\)t (Dion. Halicarii. Aiiliquil. , lib. Il , cap. XXVII.)
Digilizea Dy GoogI
ORIGINE I)E l'esclavage. 67
Ce foit (le la puissance absolue des pères, chez les Romains, est environné de tant de preuves, que nous allons en donner encore quelques-unes , les plus eurieuses. Plutarque raconte que Rliéa étant accouchée de Roinulus et de Rémus. Àmulius, son oncle, ordonna de les aller jeter (i). Ceci rappelle que Moïse fut également exposé et qu’OEdipe fut pendu à un arbre par les pieds. Denis d’Halicarnasse, en racontant l'histoire si connue des Horaces, dit que le vieil Horace, prenant la défense de son fils , meurtrier de sa sœur , réclama la connaissance de cette affaire , parce qu’m qualité de père il était juge-né de ses enfants ( 2 ). Plutarque, dans la Vie dePublicola, rapporte que, dans la conspiration des Âquiliens en faveur des Tarquins, Junius Brutus s’arrogea pareillement la connaissance de l’affaire de son fils, et qu’il le jugea, le condamna, le fit exécuter, en vertu de son autorité de père, sans observer les forinalitésjudiciaires qui furent suivies pour les autres conjuras ( 5 ).
Celte puissance absolue des pères fut quelque peu bornée par la loi de Sylla , connue des jurisconsultes
(4) "Erexe Sk oùo irocîôtcç ùnepfusïç /leysOu r.cti At’
O xxl fiStl'kov h 'A.jJ.oùXiOi (foSrideii, ixéisutfiv uÙtoùs ÙTx/]fiirr,v
iaêdvra (Plularoll. Romul., cap. III.)
(2) ^cxocarJiv zs «Otov àftwv «v«t twv iSluv xaxüv, âv-ycorépotv ye-jo/xsvov na-zépa.. (üion. Ilalicâr. Alltiq. , lil). III, cap. XXII.)
(3) Kai yviOixi'n\% ocùzü aicüTzrjf etnsv, Szt zoïs yttèv U10Ï5 xùzbi
àjioxpwv r,'j Stx»szr,f, nepi 6 k zûv ôiXXuv zoiç TioXiza.tf, iXsv- Oépoii oyat, <pf,fov (Plularch. Publicol., cap. vu.)
CDAPITRE III.
SOUS le nom de Cornelia de sîcariis ; mais on trouve , même sous les empereurs , des exemples de juridiction domestique qui prouvent que la souveraine autorité des pères traversa toute l’ère du droit civil, Sénèque rapporte le procès qu’un grand personnage nommé Titus Arrius fit lui-même à son fils, de sa propre autorité, à son tribunal domestique, et auquel Auguste assista comme simple témoin. Le récit de Sénèque est fort précis et fort net ; le voici : c Titus Arrius, voulant juger son fils, appela Auguste dans son conseil domestique. L’empereur vint au foyer du citoyen ; il .s'assit , simple témoin d’une affaire qui lui était étrangère. Il ne dit point ; Que l’accusé vienne dans mon palais ! ce qui eût été s’attribuer la connaissance du procès et l’ôter au père. La cause ayant été entendue , soit pour l’accusatioii , soit pour la défense, Titus Arrius demanda que chacun écrivît son jugement (i). > Tacite raconte également qu’un sénateur nommé Plautius jugea lui-même , sous le règne de Néron , devant toute sa famille assemblée , et selon l’ancien usage, Pomponia Græcina, sa femme, accusée de se livrer à des superstitions (2) ; et Tertullien men-
(1) Cognilurus de filio T. Arrius , advocavil in concilium Cæsarem Au);uslum.Vcnit in privàlos penales. Assedit, pars alieni concilii fuit. Non dixit : Immo in meam doinum veniat ; <|uod si factum esset , Cæsaris futura crat cognilio, non patris. Audilâ causâ, excussisque omnibus , et bis quæ adolescens pro se dixerat,el his quilnis arjïuebalur, pcliil ut senlenliam suam quisque scriberel. (Seiiec. de Clement., lil). I , cap. XV.)
(2) Et Pomponia Græcina, insignis fæmina, Plautio , qui ovans se de Britanniis relulil , niipla, ac superslitioniscxlernæ