‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 25 sur 166 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vement aux développements de la famille, beaucoup plus ancienne et primordiale que la Bible , les témoignages abondent sur l'esclavage où le mariage réduisait les filles et les femmes. Nous avons déjà cité l’exemple de Cassandre, qu’Otbryon achetait à Priam, comme Jacob acheta Lia et Rachel à Laban leur père ; mais il y en a plusieurs autres encore qui ne sont ni moins clairs ni moins concluants. Au neuvième livre , Âgamemnon , regrettant d’avoir occasionné la colère d’Achille , offre de lui donner pour l’apaiser des présents magnifiques : d'abord sept esclaves lesbiennes avec Brisé is ; puis, lorsque Troie sera prise, vingt captives les plus belles après Hélène ; puis enfin , comme le comble de la générosité , l’une de ses trois propres filles, à son choix et sans dot, comme disent les traducteurs , ou plutôt sans quil en paye le pria: , comme il faudrait dire(i). Il est évident que si la règle avait été de donner une dot aux filles, Âgamemnon ne se serait pas vanté , comme d’un procédé fort magnifique , d’offrir les siennes pour rien. Il est d’ailleurs si certain que, dans la bouche d’Âgamemnon, le mot âvds^vov veut dire sans quil l'achète , et non pas sans que je la dote, qu’il ajoute immédiatement : c De mon

autre tribu , il sera retranché de l’héritage qui nous appar* lient.

(Nombres, ch. xxxvi, v. 5.)

(1) Tpsis âé ftoi état Ouyarpes ivi /jnyxpa

Tsttav TiV x’ iOé^yjat, ylivjv àvieSvov àyéaOu llpbi oîy.ov

■ (lliad., liv. IX, V. 144-146.)

OnGANISATION DE LESCLAVAGE. 8.“i

côté, au contraire, je lui ferai des dons comme les pères n’en font pas aux filles ; je lui donnerai sept villes superbes (i). >. Il y a du reste au xvi® livre un exemple qui ne laisse pas de réplique ; Homère parle de Polydora, mère de Meneslhée, que son mari avait épousée €u Y achetant par beaucoup de richesses (2).

I.es témoignages ne sont pas plus rares dans riiis* toire romaine sur l’esclavage où le mariage primitif réduisait les femmes. Virgile, qui était un homme d’un savoir si profond relativement aux origines italiques, a touché deux ou trois fois cette matière dans ses poèmes. Dans l’Énéide , Junon propose à Vénus de se réconcilier , et d’accepter Didon comme épouse et esclave de son filsÉnée( 3 ). Servius, dans son commentaire sur Virgile, ajoute à l’occasion de ce passage : < L’auteur touche ici au mariage par achat (a). > Les Géorgiques contiennent un autre fait analogue, et qui ii’est pas moins curieux ; Virgile souhaite à César que Thétis Yachète pour gendre (5). Seulement, il y a ici

(1) ’Eyù S' ini fLtiïix Sùaü»

‘PoAià fiiX'f oaa' outtw Ttj ènéivy/.s Ov/uzpi.

'E'îirà âé oi eùvouà/J-svx Tz-zoXisOpa,..

(Iliad., lib. IX, v. 147-149.)

(2) *0$ p' àvx^KvSbv STtme , nopùv cnzepelctu sJv«.

(Iliad., iib. XVI , v. 178.)

(3) Liceal Phrygio sERViRE raarilo.

(Æneid., lib. IV, v. 103.)

(4) Sanè hic coemptionis speciem tangit.

(Servius in Æneid.)

(5) Teque sibi genermn Thelys emat omnibus undis.

(Georg., lib. I, v. 31.)

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