‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 32 sur 166 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lien , Probus , Perlinax , Vitellius , Auguste même avaient beau devenir empereurs, on disait à Galère : « Vous avez été porcher (i) ; » à Dioclétien : « Vous avez été esclave (ss) ; > à Probus : « Votre père était jardinier (5) ; » à Pertinax : c Votre père était affranchi (a) ; » à Vitellius : « Votre père était savetier (5) ; » et on allait jusqu'à écrire sur le marbre de la statue d'Auguste , du vivant même de ce maître du monde : f Votre grand-père était mercier, et votre père était usurier (e). »

sisse, eiiUKiiie sordidA invenisse, comparandis mulis et vehiciilis magistralibiis, qui sorliti provincias forent, præbenda piiblicejconduxisse. (AuI. Gell. Noct. Allie., lib. XV, cap. iv.)

(1) His decausis... Galeriiim Maximianum , cui cognomen armenlario erat, crealum Cæsarem, in aOiniialem vocal (Dioclelianus). (Aurel. Victor. DeCæsarib.,cap. xxxix.)

(2) Dioclelianus Dalmata, Anulini senaloris iiberlinus , maire pariler alqueoppido nomine Diociea... imperavit anuis viginli qiiinque. (Aurel. Victor. Epilom., cap. xxxix.)

(3) Probus , genilus pâtre agresti , hortoruin sludioso , Dalmatio nomine, imperavit annos sex. (Aurel. Victor. Epiloin., c. xxxvii.)

(4) Helvius Perlinax... coaclus repugnansque... laie cognomentum sorlilus est. Origine orlus sordida... Nam , libertino genitus pâtre, apud Ligures in agro squalido... (Aurel. Victor. Epilom., cap. xviii.)

(5) . . . Pluresauctorem geiieris libertinura prodiderunl, Cassius Severus, nec minus aiii, eumdem etsulorem veterainentarium. (Sueton. Tranq. Vitellius, cap. n.)

(6) Ipse Augustus, nihil am|>lius quam equeslri familia orlum se scribit, vetere ac lucuplelc, et in quia primus senaior pater suus fuerit. M. Antonius liberlinum ei proavum exprobrat restionem, e pago Ihurino avuin argentarium..-

Si cette réprobation éternelle et universelle contre les races afiranchies ne ménageait pas les plus hautes et les plus illustres tètes, jugez si elle faisait grâce au prolétaire humble, pauvre et dégradé. La famille noble le tenait hors de son foyer, la société civile hors de ses prérogatives. Il naissait , vivait et mourait à part des autres hommes; et, comme on dit de certains fleuves qui coulent, deux ensemble, dans le même lit, sans mêler leurs eau.v, le prolétariat et la genlilité , l’affranchissement et la noblesse se touchaient , se coudoyaient, se côtoyaient sans jamais se combiner et se laisser aller l’un dans l’autre.

Aussi les prolétaires, chassés de la famille et de la cité noble, repoussés du foyer et de l’amphictyonie, devaient-îls être instinctivement, providentiellement conduits à quelque société nouvelle où ils pussent reposer leurs têtes. Dieu leur donna cette société, une société en effet nouvelle , inconnue des anciens pères de famille, des anciens héros , des hommes divins primitifs; une société timide, soumise, dégradée comme eux, maudite comme eux, la Commune! Oui ! partout, toujours dans l’antiquité, au moyen âge, chez les Hébreux , chez les Grecs , chez les Romains , chez les Francs, les affranchis s’organisèrent en une société propre aux races esclaves, qui est la commune; la

C. Octavius paler a principio ælalis et re et exislimalione magna fuit : ul equidem mirer hiinc quoque a nonnulliH argentarium, alque eliara inter divisorcs operasque carapeslres prodilum. (Sueton. Tranqiiill. Oclav. Cæ?. August., cap. Il et III.)

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