I. Il
CHAPlXnE VI.
On peut voir maintenant, par cette analyse que nous avons faite du passage d’Aulu-Gelle , rapporté par M. Raynouard, qu’il n’avait pas été très-bien entendu. En effet, la théorie que M. Raynouard a tirée de ce passage repose sur cette idée , que les communes du moyen âge n’existaient point par elles-mêmes et qu’elles n’éuiient que la continuation de la résurrection des anciens municipes romains. Or, M. Raynouard n’a pas remarqué que les villes qui , à l’exemple de Gères, devenaient municipes en se donnant la forme romaine, étaient déjà auparavant communes pour leur propre compte , avec leur forme spéciale et nationale , et faisaient usage de leurs propres et anciennes lois, même depuis qu’elles eurent adopté cette forme; d’où il suit évidemment qu’il n’était pas impossible qu’il se formât spontanément des communes au moyen âge, sans ressusciter les vieux municipes , puisqu’il s’en était formé dans les villes de la primitive Italie, avant qu’elles n’eussent eu l’idée de greffer le gouvernement romain sur le tronc de leur propre histoire.
Ce qui se vit dans l’Italie, au sujet de l’engouement que certaines villes prenaient l’une pour l’autre, s’était déjà vu dans la Grèce, et l’on pourrait citer aussi les municipes qui s’organisèrent avec la forme du gouvernement athénien. Dans le discours que Thucydide fit prononcera Périclès, aux funérailles solennelles célébrées par les Athéniens en l’honneur des sol-
sequi, quæ est capiil orbis (errarum, non ipsain alias civilates. » (Præfat. prim. deConcept. Digeslor. ad Tribonian.)
DE LA COMMUNE
IM
dats morts pendant la première année de la guerre du Péloponcse, il est dit formellement que le gouvernement d’Athènes servait de modèle à d’autres villes (i). Quelques années avant celle guerre, et au plus beau moment de la puissance des Athéniens, on les voit aller à Samos et y établir en vainqueurs la forme de leur propre république (2). Du reste il sullit de se rappeler l’habitude qu’avaient les anciennes villes de la Grèce de se faire faire des lois par un philosophe, ou d’en envoyer chercher dans quelque ville voisine, pour comprendre combien il devait y avoir parmi elles de communes artificielles qui s’étaient superposées aux communes spontanées.
Nous en avons assez dit maintenant sur l’une et sur l’autre espèce de ces deux communes , pour que nous puissions passer outre, sans crainte de confusion, au développement de notre sujet.
(1) ILpùfitBa. yetp noXizsix où ÇrjAoùovj toùî T«y Tissas voizxpxS-typ.ix ok xùroi pixWov cIvtss ■nolv, rj fupLOÙ/isvoi izépoxji. (Thucyd. Hist., lib. Il, cap. xxxvn.)
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Srjfioxpxzlxv xxziizriax-j... (Tliucyd. Hist., lib. I, cap. cxv.)