‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 40 sur 166 · I.’il · texte numérisé non relu

I.’il

Franchisia , ou Burgesia. Cela fait qu’il se forme des communes tout le long de l'iiistoire des peuples , à mesure que les esclaves arrivent à la liberté ; et la grave question de savoir à quelle époque précise remonte l’établissement des communes, si c’est à Louis le Gros ou à Philippe F*', est un enfantillage scientifique , dans lequel la critique de notre époque doit prendre garde de tomber.

Les communes qui se forment, qui se confirment ou qui s’accroissent en France, durant tout le cours de notre histoire, sont de deux sortes : les unes, et les moins nombreuses , sont un reste des communes romaines, ou des municipes romains (car ces deux expressions sont identiques) dont la Gaule fut couverte pendant les beaux siècles de l’empire, les autres sontdes communes aborigènes, nationales, ayant poussé spontanément sur le sol, et formées peu à peu, d’année en année, à proportion que les esclaves arrivaient à la liberté.

Les communes d’origine romaine sont elles - mêmes de deux espèces : les unes entières, ayant résisté, sans pouvoir être dissoutes , à tous les flots de l’invasion, et ayant conservé intacte leur forme primitive et originelle; les autres mutilées, frustes, méconnaissables, n’étant plus qu’une ruine marquée seulement de quelque reste d’inscription, et se dressant piteusement à la surface des mœurs nouvelles, comme une pierre à moitié ensevelie d’un monument depuis longtemps disparu.

Comme on le pense bien, les communes romaines qui ont pu traverser tout le moyen âge sont en petit nombre. Même peu de gens soupçonnaient qu’il y en eût.

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