CHAPITRE Vn
11 nous reste maintenant à exposer rapidement , et comme une chose de valeur secondaire , la forme des communes.
On distinguait dans les communes deux sortes de personnes, les bourgeois et les manants. Les bourgeois étaient les membres même de la commune , c'est-àdire ceux qui étaient' inscrits sur les registres de la municipalité et qui avaient juré d’en observer les lois. Les manants étaient tout simplement des gens du dehors , qui avaient leur domicile dans la ville érigée en commune, sans participer à ses privilèges; ou même des gens du lieu, que leur basse naissance rendait encore indignes des immunités de la bourgeoisie.
Cette distinction des bourgeois et des manants se remarque dans les communes de l'antiquité, aussi bien que dans les communes du moyen âge. Un passage de Thucydide nous fait fait connaître que les bourgeois d'Athènes se nommaient xsXItxi, cives, citoyens, et les manants /neToîicci, manentes, habitants (<). Les lois romaines font aussi une distinction profonde entre les bourgeois, qu'elles nomment cives, et les manants, qu'elles nomment incolœ ( 2 ). Du reste, à moins d'avoir le droit de bourgeoisie par sa naissance, on l'acquérait, comme nous l'avons dit, par une inscription sur les registres municipaux. Plutarque rapporte une
(1) ...M/J SvTwv /xcv îî/jtwv àvTfTrâiwv, S505CVTWV aùrwv T£ xai Twv /xîTOixwv... xai xuSepwjras ê;{o/x£V Ttoitraç. (Thucyd. Ilist., lil). I, ch. 143.)
(2) Cives qiiidem oriffo. . . incolas verô. . . domicilium facil. (Cod . .luslin., üh. X, lil. xxxix, ley. vu.)
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COMMUNE FRANÇAISE
inscription ainsi' faite à Rome , sous la censure de T. Quintius Flaminius , en faveur d’un grand nombre d’individus libres de père et de mère (i) ; Thucydide parle aussi , dans l’histoire de la guerre du Péloponèse, de plusieurs personnes étrangères que les Léontins avaient inscrites sur leurs registres en qualité de bourgeois ( 2 ) ; une ordonnance de Philippe IV, de l’année 1502 , mentionne également des bourgeois qu’elle appelle recepti et annotati, reçus et inscrits (5) ; et il se lit dans une dissertation fort remarquable , placée en tète de V Histoire de Paris dé Félibien , que les étrangers qui voulaient devenir bourgeois de Paris se faisaient enregistrer à l’hôtel de ville (a).
Les habitants d’une ville qui obtenaient ou qui achetaient la liberté, le droit de commune, s’organisaient un gouvernement à leur guise. En général il se remarque que les villes qui obtenaient le droit de commune se copiaient assez volontiers les unes les autres. La charte de Laon, par exemple , a eu autant d’imitateurs au douzième siècle , que les institutions
( 1 ) UpoatSé^K'JTO ok TtoXtTxç àTToypxfo/xévovi nxvrxi, Saoe ■/ovéoiv iXei/Oéjscüv r,5av... (Plularcli. Flamin., cap. xvui.)
(3) AsovtT'joi yxp , ccTzîxdo-Jzw ’ AOrj'jxim-j îa TToAtraç èTzsypxipxvzo TToiAoùs... (Thlicyd., lib. V, cap. IV.)
(3) Eût enim onlonnatiim quod nulliis vel nulla Burg^ensis recipiatur aul defendalur in aliquâ Burgensi, quamdiù te* ncbit pi'iinain in quà rcccplus fuit et advocatus, seu aniiolaliis. (Or d. de l'Iiilip. IV, de l’année 1502, dans le lieciieil des Oï donnanc. des rois de France. — La Thomass., Coût. lOC., cil. XIX.)
(4) Disserl. de M. Le Roi, sur l’orig. de rhôlel de ville, § 9.