CHAPITRE Vm
1res raisons, car nous les disons toutes, celles qui sont contre nous aussi sincèrement, on l'a vu, que celles qui sont pour nous, d’autres raisons nous portent à affirmer que, bien qu’il ne soit pas fait mention de pauvres dans l’Iliade, la population troyenne devait être organisée en commune. D’abord il est fait mention de mercenaires au livre vingt et unième (i); et, pour ce qui regarde l’établissement des municipalités, l’existence des mercenaires est un signe à peu près aussi certain que l’existence des pauvres, puisqu’elle suppose, quoique à un moindre degré , la mise en œuvre des affrancbisscments. En second lieu, il y a un passage dans le neuvième livre où il est nettement fait mention d’une association, qui ne peut être qu'une association communale ou qu’une corporation industrielle. Achille ditàAjax qu’il aété traité par Agaraemnon comme un misérable chassé de sa confrérie ( 2 ). Ce passage se trouve littéralement répété au seizième livre, vers 59. Le mot ne signifie, à lui
tout seul, que banni d’une association, d’un corps, d’une cité : mais le mot de mépris ÙTi/xifToi; indique évidemment qu’il s’agit d’une association fort au-dessous d’Achille, qui était gentilhomme, et qui s'en vantait souvent. Enfin , et nous n’en venons aux preu-
( 1 ) ... TÔts /t(!70àv
\c( 0 ^iSùiV Ix7ria-/0î, i' à-néne/Ânev.
(Iliad., Iil>. XXI, v.451, 452.)
(2) yu’ àiïùfr)i.ov iv 'A.pysioiaiv
' kzptlSrti, ôkjeî Ttv’ àzipLtjvov /tsrocviazriv.
(Iliad., lib. IX, v. 647, 648.)
COMMUNE ANTIQUE
HO
■VOS de mots qu’après avoir passé par les preuves de faits, l’expression de bourgeois ou de citoyens se trouve formellement dans l’Iliade au livre vingt-deuxième (i) ; nous avons vu dans le chapitre précédent que le mot toA/tjjç signifie expressément bourgeois dans Thucydide. D’ailleuTs il ne fautpasoublier combien les textes primitifs sont précis, particuliers et d’un sens étroit. En outre, il y a tant de passages dans Homère qui établissent la position élevée de la noblesse troyenne , qu’il n’est pas possible d’appliquer le mot TrcXiTxi à d’autres hommes qu’à des bourgeois ; enfin il y a bien d’autres raisons, que nous déduisons plus bas, et en vertu desquelles nous n’hésitons pas à affirmer que Troie avait une commune.
(I) 'Û5 sy«TO xAki'wv* ÈtiJ Sk TTOÀïzoct.
(lliad.,lib. XXII,v. 42Q.)