‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 49 sur 166 · SYMPTOMES DE LA COMMONE ANTIQUE. — ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE LA COMMONE ANTIQUE. — ARCHITECTURE

Le second signe auquel se reconnaît inrailliblement, chez les peuples anciens, la formation des communes, c’est l’existence des villes murées.

Nous avons bàie de reprendre le mot et de faire cette observation : c’est à grand tort que certaines gens pourraient s’imaginer , sans y avoir regardé de bien près , que la construction des maisons ou la construction des villes a toujours été une chose indiflërente, capricieuse et facultative de sa nature , et qu’il serait impossible d’en tirer un enseignement quelconque pour ou contre quoi que ce soit. Il est certain qu’à l’beure qu’il est l’histoire de l’architecture ne prouve en effet rien du tout, par la raison assez simple qu’elle n’existe pas ; mais si cette histoire était faite, on reconnaîtrait bien vite que l’architecture a ses lois, comme tous les ordres de faits ; que, liée intimement à la nature des

COMMUNE ANTIQUE

familles et à leurs développements, elle reçoit toujours un contre-coup des révolutions sociales, et que telle ou telle forme d’habitation qui se remarque en un pays peut, après des milliers d’années, aider un historien à reconnaître telle ou telle espèce d’habitants , de même que les coquillages que la charrue des laboureurs soulève à la surface de nos plaines nous fait dire avec certitude : La mer a passé par là.

Nous allons, pour notre compte, et seulement autant que l’exigera l'exposition de nos idées sur la commune antique, essayer de faire un chapitre de l’histoire de l'architecture. Qu'on nous permette en attendant de signaler la singulière position où se trouve aujourd’hui tout historien, par le désordre , l’incohérence et surtout l’insullisance des études. Aventuré à travers les souvenirs de la vie communale et bourgeoise de l’antiquité, il nous arrive d’avoir besoin de consulter sur un point l'histoire de l’architecture: mais cette histoire n’est pas faite. Nous aurons besoin de consulter au chapitre suivant l’histoire du droit ancien ; mais cette histoire n’est pas faite non plus. Toutes les fois donc qu’on veut pénétrer dans l’histoire critique d’un ordre de faits autre que la liste des rois, des villes ou des batailles, on est arrêté à chaque instant par le manque de certains travaux préalables et nécessaires. Ainsi , attaché en ce moment, comme nous disions, à l'histoire des communes antiques, nous sommes forcé de laisser là le sujet, et d’écrire , avant tout , pour notre usage particulier, un petit coin de l’histoire de l’architecture , semblable à un bûcheron parti pour abattre une forêt,

Page 1