‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 52 sur 166 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

soixante stades de Jérusalem, un château de plaisance, lequel avait aussi des donjons à ses extrémités (i).

Pour ce qui est des Romains, Suétone raconte qu’ Auguste, étant encore au berceau, disparut un jour de la maison de campagne de sa famille où il était nourri, et que les femmes, après 1 avoir longtemps cherché, le trouvèrent au haut de la tour (î). Quant à la forme de ces tours, il paraît qu’elles étaient rondes et qu’elles cantonnaient les châteaux. C’est du moins ce que prouve une tour presque entière, engagée dans un mur romain , et qui se voit dans le curieux Jffus€6 pélasgique formé par M. Petit-Radel. Les maisons des nobles Germains ne faisaient pas exception à cette règle des maisons seigneuriales. Tacite rapporte que des ambassadeurs romains envoyés à Velléda la trouvèrent dans un donjon , où elle faisait sa demeure habituelle (s).

Du reste, il n’est pas douteux que les donjons de ces châteaux fussent destinés à leur défepse , car ces cliâteaux étaient fortiûés dans les campagnes et ils étaient à l’écart dans les villes. Dans l’Odyssée, la maison d’Ulysse , qui a pareillement sa tour , sur laquelle les

(1) II/50ffx«Tijffxewâ(7aTO f poûptov èni tôttov... tfvaei Sk luxw* pbv,... SitiXenrat xvtcXuiepiai izùpyoïç... (Flav. Joseph.

antiquit. Judaeor., lib. XV, cap. xii.)

(2) . . . Uiù quæsilus, tandem in altissimà lurri repertus

est.

(Sueton. TranquiU. Oclav. Cæsar. August., c. 114.)

(3) . . . Legati ad. . . Velledam missicum donis. . . ipsa edilà in turre. (Tacit. Hislor., lib. IV, cap. lxv.)

COMMUNE ANTIQUE. ISO

aigles venaient se poser (i) , est ceinte d’nne muraille, et son entrée est fermée par une porte solide et à deux battants («). Dans cette enceinte se tenaient les lévriers nourris par le châtelain (s) , et, chose qui surprendra peut-être, les oies nourries par la châtelaine (a). Cette maison était donc à peu près comme un de ces châteaux du quatorzième siècle qui se voient encore dans le Bourbonnais et dans le Quercy. Homère ajoute qu’il n’y avait que celle d’Ulysse qui fût ainsi parmi toutes celles d’alentour.

Dans l’histoire de la Grèce et de l’As'ft-Mineure on retrouve fréquemment ces châteaux fortifiés, même à des époques bien postérieures, comme nous disions , aux temps homériques. Alcibiade en avait un dans la Chersonèse (5). Ces châteaux portent indifféremment dans les chroniques grecques le nom de

(1) ’O y.01 oùszàç 'éiizacvs

*A<p S'iXQùv xax’ âp’ ?|£t’ ènl T(potx,ovTt yueAâdpu.

(Odyss., lib. XIX, v. 543, 544.)

(2) ’E7nqffx»jT«t Si oî «OArj

Tofx&» xccl Bpiyxoîat, âiipat S' eùspxieç eiaiv

(Odyss., lib. XVII, v. 266, 267, 268.)

( 3 ) *Av Sà xûwv zt xai oZxzx xî^/tevoç

'Apyof, ’OSvaffTiOç zxXxsifpovoi, Sv pà itoz' aùzbç Qpéfefiiv...

(Odyss., lib. XVII, v. 291, 292, 293.)

( 4 ) Xy)v«s ivi p.eyxpotat vô>j5«,

Uupbv iptnzoïthoxii nxpà Trueiov...

(Odyss., lib. XIX, v. 552, 553.) (3) ...A«6wv zpirtprj /jlIxv, xnéTzXsvasv I5 ixuzoïi zslxrj. (Xeiioi)b. Hellenic., lib. I , cap. v.)

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