CHAPITRE IX
guerriers., toujours l’épée au poing, ainsi que les barons du moyen âge (i) ; aussi ajoute-t-il plus loin qu’ils habitaient tous des châteaux au centre de diverses bourgades, sans murs d’enceinte, selon l’usage primitif de la Grèce (ï).
La ville noble et ouverte la plus curieuse à étudier de toute l’antiquité, c’est Sparte. Xénophon dit formellement en deux endroits, dans la Vie d’Àgésilas (s) et dans les Helléniques (a), que Sparte n’avait pas de murailles. Thucydide affirme le même fait et l’explique en disant que la ville occupait une grande étendue de terrain, étant formée de maisons isolées, entourées de cultures {&). 11 parait d’ailleurs que ces maisons isolées étaient des demeures seigneuriales, des châteaux plus ou moins fortifiés; car Xénophon raconte que, durant une irruption que firent les Thébains sur le territoire de Sparte, les Lacédémoniens placèrent une embuscade
(1 ) ’EiïjtÇovTO Si /.xi x«T* /iTretpov Aou«* xai TOÛ Sk TToAAà Tijç ‘EAAid'oç rü TraAaiw Tpônu vé/tezuif zztpi TE Aoxpoiif TOÛ{ y.xl AîtwAoÙ£, xxl ’Axapvxvxs...
(Thucyd., Ub. I , cap. v.)
(2) Tà yàp ïdvoi fiiyx fikv eivxt r'o twv AtTwAüv, xxl /tâ- X</EOv, otxoïiv Si xazx xù/xx( àTEtxisTOUî... (Thucyd., lib. III , cap. xciv.j
(ô) ...’O/Jiwî ^ie^ûAkÇe tïjv nôltv ^0 ' Ayriaü.xoi ), xxl rxüzx
àzBixiazov ovBxv. (Xcnoph. Agesil., cap. ii, § 24.)
(4) 01 2izxpztxzxif xzslxtazov é'xovtej t>jv îrôAtv...
(Xenoph. hellenic., lib. VI , cap. v, S 28.)
(5) ... OÜte ^vvoixiaOeiavji tcoAew;.... xxzx xw/ek; Sk tù TTK/ atw Tvjj 'EAAâ^oj TjOÔTtw olxiaOtiaTii... (Thucyd., bb. I, cap. X.)
COMMUNE ANTIQUE
de trois cents hoplites dans le château des Tyndarides , qui faisait partie de la ville (i). Plutarque dit également que Sparte n'avait pas de murailles, et il se trouve expliquer le fait d’une autre manière, en rapportant qu’il n’y avait dans la ville aucun corps de métier, aucune jurande, et par conséquent aucune association communale (2). Ainsi, en récapitulant ces trois témoignages également formels , on arrive à ce résultat frappant : premièrement, c’est Xénophon qui atteste que Sparte n’avait pas de murailles; deuxièmement, c’est Thucydide qui atteste qu’elle n’avait pas de murs mitoyens ; troisièmement, c’est Plutarque qui atteste qu’elle n’avait pas de corporation ouvrière et par suite pas de commune.
Néanmoins , comme la théorie que nous développons dans ce chapitre ne gagnerait rien à être spécieuse, si elle n’était pas solide, et que nous avons à cœur de répondre, non-seulement aux objections d’autrui, mais encore aux nôtres, nous devons confesser que ces trois témoignages imposants que nous venons de citer paraissent être formellement contredits par un quatrième, d’un très-grand poids en histoire : Polybe
(1) 'EviSp«v St TtOf^ffavTïî èni.tTÛ'* twv veuzipuv Saov
rptctxoaioiv sv tt} tw» TwSxptSûv... (Xenoph. hellenic. , lib. VI , cap. V, § 31.)
( 2 ) Kat yitp iv Tt roûro r&v xxX&v Çj» xai /Mxxpioiv, â nxptmtuxxst roi; iauToü stoXlxxii b Kw.oüpyoçy xf$ovlx a^oXin, otç réX'^'Ki xtfixaBxt /Sovaûaou t6 nxpxTtxv aux ëfuzo.
(Plutarch. Lycurg., cap. xxiv.)