CHAPITRE IX
ne
le luur mitoyen. D'abord les premiers affranchis et les réfugiés étaient trop pauvres pour construire leurs maisons en pierre; ensuite ce ne fut, à proprement parler, que lorsqu’un grand nombre d’entre eux furent amoncelés sur un point , et eurent un peu garni l’enceinte primitive, que les lois sur la voirie prirent naissance et mirent quelque régularité dansce qu’on peut nommer la police des maisons. En prenantpour exemple l'histoire des lois romaines sur la voirie, toutes ces idées se font jour et se justifient merveilleusement. Ainsi, quoique Rome eût une espèce de commune dès sa fondation, cette commune ne prit les caractères essentiels de la municipalité que vers l’an de Rome 2C0, lors de la création des tribuns et desédiles, création qui institua une magistrature bourgeoise avec une juridiction civile analogue au droit d’échevinage établi dans les communes de France jusqu’à l’édit de Moulins, sous Charles IX. Aussi trouve-t-on qu’avant la formation ‘ complète de la commune romaine, c’est-à-dire avant la création des édiles, les maisons régulièrement bà’ties, qui appartenaient toutes encore à la noblesse , étaient tenues isolées l’une de l’autre (i). Tacite témoigne de même qu’après l’incendie de Rome par les Gaulois, l’an 390 avant l’ère vulgaire, et par consé-
(1) Ceci résulte des termes de la loi des Douze Tables relative aux édifices, et qui est ainsi mentionnée par Varron :
.tmbitus, iter quod circumeundo lerilur; nam ambitus circurailus, ab eoque Duodecini Tabularum interprètes ambilus parictis circumitum esse describunt. (Varro, de Ling. Latin., lib. IV.)
COMMUNE ANTIQUE
quent cinquante-trois ans avant l'entrée des bourgeois dans l’exercice de la préture, qui eut lien l’an de- Rome 416 et qui fut la véritable sanction de l’institution communale, les maisons étaient éloignées l’une de l’autre dans l’enceinte de la ville (i). Cet état de l’ancienne Rome peut être assimilé à l'état de l’ancien Paris , rempli d’hôtels à tourelles crénelées, et où même les maisons bourgeoises étaient la plupart du temps séparées entre elles, parce qu’elles étaient bâties sur de petits terrains tenus en fief.
Ce fut peu à peu, et principalement vers le temps des empereurs, que les maisons bourgeoises de Rome se groupèrent en masses, à l’exception toutefois des hôtels des nobles qui restèrent longtemps encore séparés. A Auguste commencent les servitudes urbaines, qui sont le résultat de ce nouvel ordre de choses. Il fixa lav hauteur des maisons de manière à ce qu’elles ne s’interceptassent pas mutuellement le jour ( 2 ). Sous Néron apparaissent les lois produites par le mur mitoyen , et qui portent dans les lois sur les servitudes les noms de oneris ferendij tigni immittendi, nonofj^dendi lurninibus, et quelques autres. C’est ainsi que les maisons mettent à peu près huit siècles pour passer du système
(1) Fton ut |)Ost Gallica incendia, dornus nullâ distinctione, nec passim ereclæ sunt. (Tacit. Annal., lil). XV, cap. XLiii.)
(2) Upbç Sk ricç avfiitzüasii rà tûv xacvüv oixoSo/Jt-rt/ix -
Twv x«i xw/ucas (o ~Koü(jxp) i^xipsiv no^&v
à rb Tzpbi t«ïs bâoti raïs St)p.oiixii. ( Slral)., geogr., lih. y, cap. III.)