SYMPTÔMES DE LA COMMUNE ANTIQUE. — JURISPRUDENCE
Les preuves nouvelles que nous avons à déduire pour établir l’existence des communes antiques appartiennent à riiisloire du droit, et sont tirées de la difiërence fondamentale qui s’observe entre la propriété qui est dans l’enceinte d’une ville et la propriété qui est hors de ses murs.
Ainsi que nous le faisions pressentir dans le chapitre précédent, nous voilà forcé une seconde fois de sortir un moment de notre sujet et de faire un détour avant de poursuivre notre route. Nous sommes convaincu que l’histoire de la propriété nous aiderait à prouver que les villes murées sont toujours, chez les peuples anciens, comme nous l’avons déjà dit, des villes municipales ; mais l’histoire de la propriété n’est pas plus faite que l’histoire de l’architecture. Nous allons donc en essayer l’esquisse, mais seulement dans les limites
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que la nécessité du sujet nous impose, et nous ne donnerons au principe que le degré juste de consistance qu’il lui faudra pour porter sa conséquence.
A prendre la propriété par son coté le plus général et dans son histoire la plus sommaire, on trouve qu’elle est toujours constituée au même point de vue que la famille , et voici ce que nous entendons par ces mots.
Il y a tout un ordre de familles qui sont, si l’on peut ainsi dire, constituées pour durer toujours, et toujours dans le même état; dans lesquelles le fils continue exactement le père dans ses droits , dans ses prérogatives et dans ses actions, et où c’est un devoir, le premier et le plus saint de tous, de maintenir et de laisser après soi toutes choses en l’état où les avaient maintenues et laissées les aïeux : ce sont les familles nobles.
11 y en a d’autres , dont on peut dire qu’elles recommencent à chaque génération , dans lesquelles il n’y a précisément aucune tradition domestique qu’il faille observer sous peine de déchéance historique , et où les fils sont beaucoup plus occupés à s’établir, à se poser eux-mêmes , qu’ils ne le sont à continuer leurs ancêtres : ce sont les familles bourgeoises.
Or, l’histoire prouve que la propriété est constituée dans ces deux ordres de familles comme les familles elles-mêmes, c’est-à-dire qu’elle est perpétuelle et substituée dans les premières, mobile et aliénable dans les secondes.
Ce que nous disons là de la propriété dans les deux sortes de familles qui remplissent l'histoire , et qui sont la famille de l’homme de race noble et la famille