‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 65 sur 166 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

maison se trouve dans une ville qui n'est point ceinte de murs, elle sera soumise à la loi qui régit les terres, c’est-à-dire à la loi noble, à la loi de substitution, et le premier possesseur la reprendra la septièiAe année (i). Et ce qui est un dernier trait bien caractéristique à ajouter à tout ceci, c’est que le verset 34 défend expressément de rien aliéner dans les faubourgs, c’est-à-dire hors des murs d’enceinte , où tout est substitué, terres et maisons ( 2 ).

Il y a donc parmi les Juifs deux droits civils différents qui régissent la propriété, selon qu’elfe se trouve uu dans l’enceinte ou hors de l’enceinte d’une ville; et telle est l’importance de ce mur d'enceinte, c’est-àdire telle est la différence des deux sortes de sociétés qu’il sépare , que d’un côté la propriété a une certaine nature, et de l’autre côté une nature contradictoire ; d’un côté elle est aliénable et commerciale, de l’autre côté elle est immobile et substituée.

Or, l’histoire de la propriété, que nous avons seulement esquissée ici , mais qui sera traitée dans le vo-

passer l'année, celui qui l’a achetée la possédera, lui et ses enfants, pour toujours, sans qu’elle puisse être rachetée, même au jubilé. (Léviliq., ch. xxv, v. 29, 30.)

(1) Que si cette maison est dans un village qui n’a point de murailles, elle sera vendue selon la coutume des terres ; et si elle n'a point été rachetée auparavant, elle retournera au propriétaire en l’année du jubilé. (Lévilique, ch. xxv, V. 51.)

(2) Mais leurs faubourgs (des membres de la tribu de Lévi) ne seront point vendus, parce que c’est un bien qu’ils possèdent pour toujours. (Lévitiq., chap. xxv, v. 54.)

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COMMUNE ANTIQUE

lume consacré aux classes nobles, prouve que les terres mobiles ou commerciales sont toujours , comme nous l'avons dit, ou une propriété bourgeoise ou une propriété noble à son premier ou à son dernier degré de développement ; et il faut remarquer qu’aucun de ces deux derniers cas ne saurait être celui dont il est question dans le Lévitique , non-seulement parce que la propriété noble y est à l’état de substitution , mais parce qu’elle y était encore parmi les Juifs au temps où a été composé le livre de Ruth (i) , et même au temps où écrivait Jérémie (î). Il faut donc nécessaireè ment conclure que la propriété aliénable des villes murées était une propriété bourgeoise , ce qui établit qu’il y avait une bourgeoisie dans ces villes, chose déjà prouvée d’ailleurs parle fait même de leurs murs.

Nous sommes ainsi ramené à ce que nous avons déjà ditau débutde nosdeux chapitres sur l’iiistoire des maisons et sur l’histoire de la propriété, à savoir que toutes les villes murées que l’on trouve dans les livres primitifs sont des villes bourgeoises et où il y a déjà une commune. Et comme il faudrait, pour que cela ne fût pas exact, qu’une foule de choses sur les maisons et sur la propriété fussent fausses, qui sont d’ailleurs incontestables, nous ne croyons pas qu’il soit possible de nous disputer ce résultat. Nous devons néanmoins répéter encore ici que toute l’histoire des races esclaves, que nous faisons, sera bien autrement claire, bien autrement nette et

(1) Lil). Bulh., cap. iv, v. 30.

(2) Jercra., cap. xxxvii, v. 7, 8.

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