‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 73 sur 166 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

du temps de Périclès, et Thucydide en mentionne quatre ou cinq ; mais la plupart d'entre eux avaient acquis à cette époque assez d'importance , soit par le nombre de leurs habitants, soit par l'étendue des franchises dont ils jouissaient, pour s'ériger en communes; et d'ailleurs quelques-uns d'entre eux furent entourés de murailles et changés en places fortes par les Athéniens ou par les Lacédémoniens, durant la guerre du Péloponèse (i).

Au moyen âge , les bourgs ouverts, ayant un château ou un monastère au centre, sont innombrables. Quoique la plupart d'entre eux soient devenus des villes dans la suite, il est bien facile d'en reconnaître quelques-uns aujourd'hui, par le nom même qu'ils portent, et dans lequel se trouve mentionné le château auquel ils doivenj leur origine, comme Châteauroux, Chàteau-Meillan , Château-Neuf , Castelnau, et les diverses villes dans le nom desquelles se trouve le mot Ferté, qui signifie également château fort; Firmitas , ainsi que disent les chartes.

Les populations esclaves de la campagne s'écou-

(1) Dans un discours prononcé à l’assemblée du peuple , au commencement de la guerre du Péloponèse, Périclès fait connaître en ces termes les dispositions où étaient les Athéniens et les Lacédémoniens de fortifier divers points du territoire :

Kat jmriv oùS' •}) èmreixcaiç, onSk tô vauTtxbv «OtoSv â’I'ton ço6>j0^vat Tvjv fikv ykp x«i£7rèv xat èv eîpi^vïi itôXiv àvriit«i.ov 7r«pa«euicaff6at, ^ttou Sri vj noXefiix, zk xeci oùx èxei-

votç rt/xôii ccvziTzczEzuyjtjjiéyuv. (Tliucyd., lib. I, cap. CXUl.)

LES PAYSANS

laient, disions-nous, dans ces mille petites bourgades, dont les unes sont devenues des villes et dont les autres ont disparu. Il faut remarquer en^ effet que les maisons isolées dans la campagne appartiennent aux époques modernes : dans les temps primitifs, nous l’avons montré, il n’y avait jamais d’isolés que les châteaux.

A l’époque même où ces bourgades se formèrent, elles furent habitées par des populations à l’état de servage : l’Italie en était encore couverte vers le premier siècle de l’ère vulgaire. Par exemple, il y avait peu de grands seigneurs romains qui ne possédassent plusieurs villages; et ils en étaient les maîtres, absolument comme les seigneurs français du moyen âge l’étaient des leurs.

Les seigneurs qui possédaient ces villages les faisaient administrer par des officiers à eux, officiers dont les fonctions correspondaient à peu près à celles de nos baillis. Suétone rapporte expressément que l’empereur Claude avait ainsi sur ses domaines des officiers qui rendaient la justice à ses vassaux , non pas au nom de l’empereur, mais au nom du seigneur (i). 11 y a des lois de Gordien, de Dioclétien, de Maximien, de Julien et de Zénoii (a), qui instituent dans l’empire des juges nommés Pédanés , lesquels ,

(1) ... Uique rata essent quæ procuralores sui in judicando slalnerent , precario exegil. (Suet. Tranquill. Tib. Claud. Cæs., cap. xiii.)

(2) Cod. Justin., lih lit, tit. ni, leg. 2, 4, 5.

Page 1