‹ Histoire des classes ouvrieres et des classes bourgeoisesChapitre 85 sur 166 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Numa, au rapport de Denis d’Halicarnasse, et de tous ceux qui ont écrit sur les antiquités romaines (i).

Il ne serait pas aisé de reconstruire les corporations juives établies dans différentes villes, comme Jérusalem, Sumarie , Betlisura, Jéricho, Tarichée, Sephoris et autres , d'abord parce qu'il y a peu de documents sur l'histoire intime des Juifs, ensuite parce qu’une foule de lois d'administration intérieure restèrent chez eux à l'état la tradition , comme les coutumes en France, qui n'ont été généralement rédigées que sous Charles Y; enfin, parce que Flavius Joseph , citant au chapitre xvii du livre XVI de son Histoire ancienne des Juifs, une loi sur la puissance paternelle (2), qui ne se trouve pas dans la Bible, ou est autorisé à croire que l'Écriture sainte ne contient pas le recueil complet des institutions hébraïques jusqu'à l'-ère chrétienne. Les documents sont un peu plus nombreux sur les jurandes grecques, et quoique de tout le droit ancien des Grecs il ne reste que les rares fragments réunis

(1) PIutar(|ue, dans la f^ie de Numa, ne se borne pas

à dire que ce roi régla la constitution des jiiraiidos romaines; il nomme encore les corps de métiers qui en faisaient partie. Voici ce qu’il dit : « Twv Si â’AAsav aÙTOÜ 7roi<Tîu/i«Tû)viQ xarât zixv»i Sluvo/JLÎi TOW TiXTfidovs /ixXiaTcc » tt un peu

plus loin : « ’Hv Si fi Stavaji^ xarà rij aùiijrwv, xp\i-

aoxàoiv, T£XTÔv(üv, exvT07Ô/JiO)v,<jnvToSéfo>v, »

TuspoLfxivtv. « (Plularq. Num.,ca|>. xvii.)

(2) C'est la loi mentionnée par Hérode le Grand devant rassemblée tenue à Béryte, et allribuant aux pères un droit absolu de vie et de mort sur les enfants. Nous avons parlé de celle loi au chapitre lil.

JURANDES ANTIQUES

dans les compilations de Jean Meursius et de Samuel Petit (i), il ne serait pas impossible, avec la lecture attentive des comiques, des orateurs et des historiens, de refaire à peu près les plus essentielles des jurandes d'Âthènes ou d’Argos.Nous n’avons pas cru nécessaire d’essayer ce travail ; d’abord parce que nous pouvons nous rabattre sur les jurandes romaines, pour lesquelles les renseignemens abondent; ensuite, parce que les jurandes de toute l’antiquité , nous pourrions presque dire de tous les temps, sont à peu près coulées dans le même moule.

Plutarque raconte , dans la vie de Numa, que ce prince établit à Rome les corps de métiers (a). Dans la

(1) Joannis Meursii Tlierais AUica, 1685, in-4“. — Samuel Petit, Leges AUicæ, 1635, in-fol.

(2) Nous ne savons pas s’il est nécessaire que nous émettions ici une opinion sur les théories modernes appliquées aux origines de Pliistoire romaine, étayant pour but de faire considérer toute la période royale qui précède les Douze Tables comme un long mythe, dans lequel Homulus, Numa, Ttillus Hoslilius et les autres rois seraient des symboles et non pas des hommes ayant réellement existé. Cette théorie, imaginée par feu Niébuhr et importée en France par M. Michelet, emprunte à l’autorité de ces deux noms , éminents dans la sience historique, une solidité qui est à l'épreuve d’une note. Nous nous bornerons à dire de cette théorie ce qu'il en faut pour montrer que ce n’est point sans préméditation que nous ne l’avons pas acceptée.

A notre avis, expliquer les origines romaines en supposant que les rois de Rome sont des symboles , c’est se créer des difficultés dix fois plus grandes qu'en suivant le chemin battu et en supposant que ces rois ont été réellement des

Page 1