CHAPITRE XII
leurs, des écrivains, des orfèvres, des argentiers, des receveurs, des maîtres d’hôtel et des écuyers tranchants (i). Ceci est vrai de tous les peuples de l’antiquité, des Grecs comme des Romains. Pour tomber dans l’exemple, on trouve dans le traité deXénophon, Des revenus de l’Attique, les détails les plus circonstanciés sur ces loueurs d’-esclaves et sur le profit qu’ils retiraient de leur industrie. Xénophon cite entre autres un nommé Nicias qui avait mille esclaves, lesquels il louait à un entrepreneur de travaux des mines, moyennant une obole par tête et par jour (2).
Chez les Romains, les choses n’étaient pas üRitrement faites. Caton l’ancien avait ainsi un corps d’esclaves
(1) ToeroÙTCuj Ix^xtvjto xaj tojoûtouç, àvxyv&arccç, ùnoypxysïç, àpy\jpoyvd)ft.ov«i, Stotxriràiç, TpUTts^oxô/jLOVi. (Plutarch. M. Crass., cap. 11 .)
(2) UiXxt p.hykp oÏç p.sp.é'kvj-/.ev,'k/.r)%6xp.e.v, OT«N«xt«s
TTOrè ôNfXYjparou exTi^astro èvroiç àpyvpiotf xtiiouç àvOpwTrou^, 0 Î 5 èxïïvos Swffta TW Bpoçxl è^ep-ladoiatv, èf' w éëoXbv [liv aTe^ij éxicrou rrjf ■fip.épxç ànoiiSàvxi, t'ov S’ xptdp.bv laovç xel icxpei- Xîv. ’Eyévero âk xxi IttitovUco é^xxàctx xvSpxnoSx xarà tôv xùrbv rpÔTzov toütov ixotSopinx^ x ■Kpouéfeps p.vda> Tvjç
■iipiipxi' — ^iXrjpiovlâY} Sk Tpixxàaix ■hp.ip.'jxlov' — aiiots Sk ys, ws, oiop.xi, Sù'ixp-ii éxacrrots ùicr,px^v. (Xcnoph. De Vecligal., cap. iv, §§ 14, 15.)
Il résulte encore clairement de deux passages du même traité que le sénat , ou plutôt que l’Éiat aciietait un grand nombre d’esclaves qu’il faisait travailler selon leurs diverses professions, soit en les louant à des particuliers, soit en les ap|)liquanl à la culture des terres qu'il prenait à bail , comme, par exemple, à la culture des domaines du clergé, à l’entretien de ses maisons ou à la recette des offrandes.
JURANDES ANTIQUES
ouvriers, au rapport de Plutarque; il prêtait même de l’argent à ses propres esclaves pour en acheter d’autres, encore jeunes, auxquels ils enseignaient des métiers, et qu’ils revendaient ensuite avec un gros bénéfice , auquel Caton participait (i).
aumônes ou droits sur les chaises, qui se faisait dans les temples païens.
Voici d’abord le pa$sag[e qui prouve que l’État achetait des esclaves pour tirer un revenu de leur travail ;
"Hvye fj.é'Jzoï’cb tt^wtov suitt/; Jtaxôirta/.ai àvâpinoSx, eîxàj ScTz’ xŸii -KposùSoM èv tzsac ■Kévrs îj e| /zrj /xîïov
«uT/j yedijôxt. ’Attô ye fii]V toutou tou àpiOpLoü,
v]v oêoiàv IxaoTO? àrshn r?;ç rtfiépai fipr), ri fiiv -KpaaoSoi xovT« TâA«VT« Toü èviecMzoïi. ’Aîrà Sk toûtwv îjv els â'AAa kvSpi.hoSk ziO/izat etxoat, toîj reacxpAxovra rj^t] è^éazou z^ jrôAet XP^tOcu Sis «iio, O Tt àv âér),''Ozacv Sé ye pxipiu àv«Tt).ripc>>9rj, ixxzô-j ziXxvza. ri npàaoâoi 'éazxt. {Ibid., S§ 23, 24.)
Voici maintenant celui qui établit que l’État prenait à bail les biens du clergé païen :
M«o6oü VT«< yoûu, x«i zepiw}, xoei lipkt, xxl oixixç... {Ibid.,
Dans le passage qui précède et dans celui qui suit, Xénophon propose aux Athéniens de créer une sorte de banque dont le capital, formé d’esclaves, serait destiné à commanditer, moyennant une certaine redevance , les industries particulières. Knfin , en ce qui touche les menues recettes qui se faisaient dans les temples, par exemple, par un droit sur les chaises, nous nous bornerons h citer, entre autres autorités, ce passage de Tertullien ; « Exigitis mercedem pro solo lerapli,pro aditusacri; non licetdeos nosse gratis: vénales sunt. » (Terlull. Apologet., cap. xiii.)
(1) EotOou 3è xxi züv oixszüv zoïç povXo/xévoti xpyùptov. Oi S wvoüvTO tixTSxç, ttzx TOUTOUS àoxiôo’avTSs xxl StâxÇxvzeç xvxXoi/ixzt TOÜ Kktwvos, //.tz'iviXMzbv xnîSiâovzo, UoAAoùs Sk