HKTOnB DB8 CLASSES RUIIALBS «T AAIIC
non plus de la valeur seule, mais du droit social eiécônomique de rindividu, qui relie, qui dicte ses édits. Des lois sen* sées et saines, la tradition administrative en était remplie ; dans la situation, et après rexpérienœ d'où Ton sortait, beauconp eussent pu les Tefurendre: plus d'une fois Pouquet même avaitmisla main sur les meilleures. Mais lui, transmit le mouvement à ces ressorts, y touchant dans l'individualité le point vital, en chacun lui créant une force nouvelle, ou juridique, ou morale, ou économique, et lui* constituant par leur ensemble la plus grande puissance qu'en ce temps les choses admissent. Avant ni après, le gouvernement n'a pris plus ostensiblement son point d'appui dans ces ardentes ambitions d'indépendance et de responsabilité, de possession et de risques en vue d'un bien-être propre et, partant, d'un sort plus relevé, plus garanti, qui se résument dans l'existence rurale et qui, aux temps heureux, s'y étaient tant et si utilement marquées. La rétablir e(t la raviver simultanément, en Colbert c^est la préoccupation première, persistante^ et par 1 ui ce devient la préoccupation commune. IjC châtiment ties malversations publiques et des extès seigneuriaux sous lesquels le eoltivateur avait été si accablé ; les édits qui rendirent à Tappropriation privée, au mouvemait, la m&sse de biens immobilisés chaque . anqée sans contrôle aux mains de couvents nouveaux (.1) ; l'élaboration d'une autre refonte du droit où se seraient vus la radicale destruction de la servitude personnelle ou réelle, le rachat forcé des redevances seigneuriales, des textes pour détourner la roture des aînesses, des fidei-commis, des forclusions nobles où elle s'était laissé
entraîner au siècle d'avant (2); des lois dejprpcédure, d'hypo-
il.*
(1) Édit de déc. 1666 porUflt a^aalation àe$ dons ou acquisitions concer* nant les maisons religieuses el autres communaulés. « Le nombre s'en est augmenté, » y est- il dit, « de manière qu'en beaucoup de li«ux.'leb oomnunautés tiennent et possèdent la meilleure partie des terres etdes revenus. >
(V) Voir, sur ces différentes matières*, les Arrêtés de Lamo>iyiK>B, où « été codifié le travail préparatoire de cette autre réformatioa.
UYIIB nu -^ DimCliMB PAKTIB. t— CBAPITRR Xil. -*- § i • 367
tbèi;Be^ropres^àaG(»oltre'tomultip}icatioade9 int^ desforluoes ; dix-sept joarsées de traTail ajoutais à ranoée-par la^flHppreesioa de fêtes du culte, p'étaiœt-ce pas autant de moyens et les plus directs d^assurer à Tindividualiléy dan» k' sphère agricole, le fond solide sans lequel nul fvogrès sérieux ne lui était possiUe? Judiciaires, d.yik» d'admvMSr fiction pure, tons les actes tendent là ; par leum textesi,. pAr les doctrines dont eas textes s'appuient, par les^ oonsi* déraoïts de ceux qu'on n'y peut conformer même (1) sont faits de continuels efforts pour y tout attirer; Les moindres in^ tructions Font pour an. Que Golbert trace ou qu'il demande les* moyens d'égaliser l'impôt ou d'activer le travail ; qu'il pres^ cri ve comment affaiblir l'injustice et la brutatiié desperoep* tioBS ou bien l'étude des conditions locales et des besoîas de la culture (2)^ dons le détail de l'exécution de ses édiis, en.un
'(i) Comme dan^la déeUration db'3t mars 1666, oti, eédtfrit aux inûnetke$ (l'Église, ilcaasent k proroger encore de ciaq ans le délai pour le rachat deft biens du clergé. Difficilement on aurait plus justifié le droit des détenteurs, et discrédité ces rachats par une démonsiralion aussi sensible de leur injustice et de la lésion qu'ils portaient aux. intérôts, qu'il ne le fait dans son préambule : « La justice que nous devons à tous nos sujets nous obligeant à considérer..., etc. » (Coll. Isamb.)
.(2) « C*e8t l'intention du roi, écrit-il aux intendants, qne vous ex»*
« miniez les biens de la terre, la nature des bestiaux et tont ce qui contribue, « en chaque élection, à y attirer de l'argent;.... tout ce qui pettt contribuer « à augmenter et la nourri tare^ du bétail, et les manufactures, et à en éttblii' « de nouvelles.. ...» {CirctUaire du V juin 1680.) «... .Je vous ai écrit p^uq c sieurs fois que le commerce, les manufactures et l'augmentation des bestiaux € sont les seuls moyens d'attirer l'argent dans les provinces: Sa Majesté veut t que voua vous informiez tonjdure de ces trois points.^etque vous emf loyiez « toute votre industrie et tous les expédients qui se pourront pratiquer pour < exciter les peuples à les augmenter, ^i (Cire: dn 6 janv. 1670.) Corretp. a4nwn, , tbtd., p. 67 ; Cf. ce lies du Ur juin 1679, et du 21 juîllel 1670. Les remises locales de tailles ou d'arrérages, les délais donnés pouj> les acquitter, la favenr constamment accordée aux comptables qui la recouvraient sans poursuites, les défenses qu'il édicta et fil sanctionner par le conseil, après opposition des nobles, pour «mpéeher l'abus seigneurial de renaître par le consentement à des prestations nouvelles (pour la Provence, par exemple, en 1666 1668) étaient dus à cette information continuellement entretenue. (Cf. Forbonnais, sur 1663.)
368 HISTOIIB DBS GLA8SK8 RURALBS BN FBAIICB.
mot, OU dans Tenquéte qu'il tint constamment ouTerte pour la préparation d*édits nouyeaux, c'est à ce but^ comme au <x plus important de ses objets (1) », qu'il rappelle sans cesse ses auxiliaires ou ses agents.
D'autorité quand il ne le peut par persuasion, et ne croyant à aucun moment avoir assez servi par son action générale cette libre expansion des attributs et moraux et réels de la personnalité, il en impose les soins ou la loi. C'en est l'exemple le plus remarquable, je crois, et le moins cité, que sa discussion sur les colombiers avec l'intendant de Provence ; et nulle de ses dépêches qui i*évèle à un si haut degré de quel prix était pour lui et combien sacrée la petite entreprise ou la petite propriété rurales. Ce même sentiment passionné du droit dont s anime la vie moderne se soulève en lui devant la prétention des roturiers, dans cette province, d'avoir des colombiers comme les nobles. On l'en saisit comme d'une question fiscale (2) ; il y dégage bien vite celle de justice et n'y veut pas en voir d'autre ; celle du droit naturel de l'homme à la pleine possession des fruits de son travail, celle de la protection ce que le roi doit aux faibles contre les forts et les «( puissants. » Dans les faits usuels, anciens qu'on lui objecte, il ne trouve qu'une « violence et une usurpation sur les pence pies ; » il en appelle au droit écrite ennemi de toute servitude, et qui, régissant ce pays, n'y saurait autoriser celle-là, à ses yeux « plus grande qu'aucune en tous les pays coutu- « miers » (3) . A leur sujet, ce n'est pas d'une taxe qu'il veutqu'on
(1) Cire. l«sepl. i679. Corregp. adm.,ibid.
(2) Pour la levée des francs-fiefs, que le fermier voulait exiger de toutes terres à colombiers, comme marquées par là de noblesse, voir dans la CoT'^ resp. administ., ubi tuprà, les Lettres de déc. 1681, 21 janv. 6 et 25 fév., 8 et29)uil. 1682.
(3) « Parce qu'il n'y a pas de charge qui soit si grande que celle d'an co- « lombier, qui vit aux dépens de la semence de tous les grains. » — C'est une dérogation précise à la franchise du franc-alleu/ dit-U autre part, et, i ce titre, d'origine féodale et noble. « Il faut de toute nécessité qu'elle ait été
LITRE 111. DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XII. § i . 369
parle, a mais de les supprimer entièrement par une loi qui réce duise cette servitude aux termes qu'elle doit être ». Nulles habitudes prises, nuls ménagements nécessaires qui le fléchissent. Quand Tintendant les lui oppose une seconde fois, il lui répond, et sans attendre (6 féyrier) : « Il faut que ce qui vous « a esté dit sur ce sujet par les Provençaux ayt été exagéré par « eux, parce qu'il est presque impossible que les peuples «ayent souffert une servitude telle que est celle des colom* « biers, sans qu'il y ait eu plusieurs plaintes portées aux juges c< et au parlement ; et, si les juges et le parlement les ont maince tenus, c'est une violence qu'ils ont exercée sur les peuples <c par leurs intérêts particuliers, qui doit estre fermement récc primée ; et je vous prie d'examiner cette affaire dans ce sens ce et non pas dans celui d'une taxe à recouvrer par un traitant, ce parce que vous devez tenir pour certain que ce n'est point là ce le principe qui m'oblige de vous écrire aussi fortement que ce je fais; et, en vérité, je ne puis pas m'empescherde vous ce dire que toutes les demandes que vous me faites sur cette ce affaire sortent des principes que je vous ay estably dans touce tes nos lettres; et, lorsque vous les examinerez suivant ces ce principes, vous trouverez que cette affaire mérite une réce flexion sérieuse, et qu'il est nécessaire, pour le bien des ce peuples et pour la protection singulière que le roy leur ce donne en toutes occasions, de taxer fortement ceux qui ont ce estably cette servitude sur eux sans droit, et donner en a mesme temps une déclaration précise et formelle pour les ce défendre à l'avenir, n'estant pas en cela d'un petit avantage (c que les particuliers trouvent pour manger des pigeonnaux (c de leurs volières, fuyes ou colombiers, mais de délivrer les ce peuples de la charge qu'ils souffrent par ces animaux qui ce mangent les grains de leurs terres dans le temps et après
inlroduile par des arrête du parlemenl, c'est-à dire par des juges qui étaienl
parties. >
« les semailles. » — El il n'entend pas écrire stérilement cette revendication du droit pour le cultivateur. Il n'a pas regardé comme plus nécessaire une seule de ces « grandes « choses 1^ qu'il avait alors fait faire et dont il disait que si le roi avait voulu entendre tant de raisons c<M3traires, il se^ rait demeuré en chemin et n'en aurait guère exécuté (1). Il engage dans sa résistance le roi, le Conseil, et fait briser par eux, avec le {dus complet mépris de toutes cmisidérations secondaires» les résistances qui s'abritent derrière l'intendant : « J'ai lu au roi en son conseil, » lui écrit-il pour finir (23 février), « le mémoire que vous m'avez envoyé concernant la « faculté d'avoir des colombiers en Provence ; le mémoire n'a « pas esté approuvé dans le conseQ, et il a paru fait par ceux « qui ont des colombiers et qui ont estably cette servitude sur « les peuples par oppression : et ainsy , comme jusqu'à présent «je ne vous avois escrit que selon mon sentiment, je vous este cris à présent par ordre et par les sentiments du roy, Sa « Majesté voulant et s'appliquant continuellement à délivrer « ses peuples de toute oppression ; et elle a jugé que c'est une « pure oppression que cet establissement de colombiers que «I vous faites parottre presque universel. »
U traitait cette question, à vrai dire plus grande par le fond qu'il lui faisait qu'en ellenoiême, presque au moment de mourir. On peut croire que le long trouble porlé alors à son œuvre inspirait cette austérité de langage un peu amère, mais non les principes qu'il afSrmait ainsi une dernière fois. Depuis longtemps, par lui ou grâce à lui, ils étaient revenus, dans les intelligences et dans les intérêts ; la profession éloquenunent rude qu'il en faisait répondait à la pensée publique. Bien avant, l'appropriation, la personnalité fondère, avaient été
(1) Cwrr. adm,y t6td., p. 302, dépêche du 22 juillet : c Toutes les choses grandes ont beaucoup de raisons pour empêcher qu'elles ne soient entreprises, et si le roi avoit voulu entendre >