COMMUNISME AGRICOLE
Tant que Ton connaît seulement le fondement juridique^ les règles de filiation, les principes généraux de propriété et <ie succession, on n'a vu que les mauvais côtés du servage, et certainement peu compris qu'il fût capable d^exhaussement. Il faut l'avoir envisagé comme organisation du travail, il faut avoir étudié la manière d'être de la famille serve dans l'agriculture pour s'expliquer la vie progressive dont il fut animé. Le moyen âge n'aurait pas eu tant d'énergie sociale, et la France d'alors enfanté la vaillante et vivace population qu'on trouve dans l'histoire, s'il avait laissé le travail agricole, cette «ource-mère de la production en tout pays nouveau, à des mains aussi faibles et aussi peu intéressées que celles de serfs sans persiHinalité et sans ambition. Si effectivement quelque chose fut de nature à faire surgir la société occidentale des ruines de l'empire, c'est qu'elle eut une idée meilleure et se plut à une pratique plus normale et plus féconde des rapports de la culture avec la propriété. Une fois établie, dans le seî- :gnorat féodal, sous la forme qui devait le mieux la rendre à
(1) Liber feudorum. Ut. IV. « EHam tervus inoeHiri pùfaU «. M. Gué-
tard, Prolég, d*Irm., cite des textes de 1080 et de 1150 qui montrent des serfs tenant en fief des terres de TAbbaye.
(î) Pour le supplément des preuves, et pour d'autres faits de détail, voir Beaumanoir, chap. xlv, patsim, xu, n© lo, xl, n» 27, xxxix, n« 66, etpamm. — Olim, arrêt de 1271, 1. 1, p. 886, eipassim. — M»e de Lézardiôre, Théorie de* lois politiques, t. III, p. 406.— Aux Formulœ veteres, la formule XLViii.— La note 68 de la Dissertation de D. Grappin. — Un acte de 1219 .*ux. Preuves de VBistoire du servage, par Kindlinger, etc.