‹ Histoire des classes rurales en France et de leurs progrès dans l'égalité civile et la propriétéChapitre 3 sur 145 · ESPRIT ET PLAN DB L OUVRAGE. TH · texte numérisé non relu

ESPRIT ET PLAN DB L OUVRAGE. TH

sociales par la constitotion de la propriété, au droit civil par la amdition des. personnes» à l'administration économique et politique par tout ce 'qui a trait à la richesse privée et au rôle dé la richesse dans les intérêts publics, ses accidents, les tableaux émouvants qu'elle présente pourraient être étudiés utilement de chacun de ces aspects ; d'aucun, néanmoins, on ne la verrait dans un jour suffisant pour en comprendre tout à fait la filiation et le sens. J'ai trouvé, je crois, quelques lumières nouvelles en scrutant l'histoire civile eit administrative pour apprécier l'influence que l'accroissement des garanties juridiques, des pouvoirs publics, de l'indépendance personnelle exercèrent ensemUe ou. respectivement sur celui du travail, de la richesse et de la liberté rustiques; mais ces recherches surtout m'ont appris que c'était d'un point de vue dominant tous ceux-ci, embrassant la sociabilité dans son fond même, le principe et le mouvement de la civilisation nationale, en un mot, qu'il fallait envisager ce* dévi^lpppement pour en saisir la génération tout en en suivant le cours. J'ai donc demandé ici le lien des faits aux rapports par lesquels la vie et la croissance des classes agricoles ou de la propriété et celles de la société :même se pénètrent et se gouvernent réciproquement. '

• Le titre' que je donne à mon livre dit seul où ce lien m'a paîruêtt'e^'SMl 7 a un caractère ptofond dans la civilisation française, c'eftt la poursuite de la possession individuelle du sol cotnme maniféstsction et sûreté du droit, Nul fait social ne peut être moins contesté, après une révolution qui a eu pour mobile le plus énergique et

YIII PRÉFACE.

pour effet irrésistible un morcellement foncier immense. Il n'y en a pas, également, dont la vitalité soit mieux at-* testée encore. Propriété foncière, égalité juridique, nonseulement ces termes rappellent en France des choses correspondantes et éveillent des idées corrélatives ; mais, pour le plus grand nombre , ce sont toujours des objets qui se servent mutuellement de gage et qui se commandent. L'égalité la plus entière dérive aujourd'hui du droit commun ; cependant où la voit-on assez complète tant qu'elle n'a pas la propriété pour preuve, et où ne cherche-t-on pas avidement à la lui donner pour appui? Un sentiment si fort n'existe pas sans des racines anciepnes, ni sans avoir marqué «es traces. S'il avait commencé et se continuait depuis des siècles, si la persistance de son cours et de «es progrès ressortait de l'histoire, ne le donnerait-on pas avec raison pour le pivot même de la sociabilité î Or, sa tradition est aussi constante que ses suites sont évidentes. On ne peut interroger, dans notre histoire, soit les grands accidents, soit les moindres détails intéressant l'ordre économique ou le droit, sans voir que la propriété et l'égalité civile ont été simultanément cause, moyen et garantie l'une de l'autre, que leur union intime n'a pas un jolir cessé de paraître nécessaire, et que toutes deux se sont créées et développées Tune par l'autre. Comment, en effet, attribuer à un autre motif qu'à la confusion du droit personnel et de la possession dans le même et continuel besoin public la tendance permanente, en quelque sorte normale dans notre pays, qui a rapproché de plus en plus l'individu et le sol, jusqu'au point de résumer dans la petite propriété de maintenant

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