LIVRE II. CHAPITRE Ilf
puisse arriver d'étendre ses exigences ou ses abus sans respecter les nécessités de production, si dures d'ailleurs qu'on veuille supposer les lois de cette société pour les classes laborieuses. Or, en passant dans la classe vilaine, le serf fût allé au-devant des situations qui, sous le régime seigneurial, portaient justement le poids de ces déprédations fiscales ; avant de les rechercher, il dut donc attendre qu'elles fussent protégées par une force publique moins débile ou de plus d'autorité judiciaire ; et, de. fait, il attendit*
Aussi, n'est-ce pas un des spectacles les moins curieux et les moins utiles dans l'histoire du sol et des cultivateurs du sol en France, que de voir de quelle manière le servage fut effacé ou aboli. On n'y trouve pas seulement la raison de certaines des formes prises par l'exploitation agraire postérieurement : la connaissance surtout de la nature du servage y ressort des modes mêmes qu'il suivit pour entrer dans les conditionslibres, des influences diverses qui le portèrent ou qui le retinrent dans cette tran^ormation, et des înoyens successifs par lesquels elle se lit. Ces causes, ces phases, ces résultats de l'abolition du servage seront l'objet du chapitre suivant.