‹ Histoire des classes rurales en France et de leurs progrès dans l'égalité civile et la propriétéChapitre 42 sur 145 · LIVRE m. — PUnteB partie. — CHAPIIM IT. — § t · texte numérisé non relu

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aux béritiers^natureb la part du paivonnier décédé, et es ce «pi'eUe demeoFa iaterdife aox geatilshoinine», sauf dans fa coutume de Ghampagoe où le travail n'avilissait pas.

Cimenter soit la descendance, soit les liens d'association entre étrangers par l'indivision, pour garantir le travail et les fruhs, teUe fut, dans le travail agricole libre comme dans le travail servUe, la doctrine économique que le moyen âge voulut réaliser par le communisme rural. Pour en rapporter icides preuves spécialement tirées de la culture libre, je dirai qu'on se conformait simplement à cette doctrine lorsque, très-tard encoredansla plupart de nos provinces, dans celles de droit écrit comme dans celles de coutume, sous le principe de la communauté comme de la dotalité conjugales, la loi, se méBant des volontés pourl'établir, la fit résulter tacitement de la codemearance et confusicm de meubles, travail et fruits pendant an et jour (i), ici entre parents et entre étrangers, ailleurs entre parents seulement (2). C'est aussi sous son influence que furent créées, au sortir du servage, les main-mortes vilaines dont je m'occuperai tout à l'heure comme de la plus vieille des cwiductions. Dans une époque relativement récente, les mêmes idées, le même intérêt, dirigeaient le clei^é et la noblesse de Bourgogae quand ils firent rendre, en 1549, l'édit interdisant aux cultivateurs sortant des mainmortes de devenir propriétaires de terres s'ils ne sy constituaient en communauté (3), leg propriétaires de la Marche lorsque, même dans le dix-septième siècle, fls l'érigeaient en condition de bail dans leurs métayages perpétueb (4), mainmortes pores et

(1) Beanmanoir, chap. xzi, n» 5.

(}J Particulièrement Nivernais et Angonmoig.

(3) Perreciot, uW nq>ra, T. 1, ehap. v.

(i) Voir dans Dallos, Jurisprudtnce générale, ane «^éce où s* Ironve analysé on de ces métayages dont le titre est de 1625. On y lit eetle condition lextnelle : t.. .Que Us preneurs ne fittêint qu'un même pot, feu et ehanteau, •( vivraient en eiunmuiMuté perpHueUe. »

simples mais notables par leur date si moderne, les nobles enfin de plusieurs provinces quand ils s'en rendirent le bénéfice communavec les roturiers lors de larédaction des coutumes ( I ) . J'ai dit j du reste , au chapitre du servage, que les juris* consultes n'expliquaient pas autrement que par un danger universellement reconnu dans Tindividualisation des entreprises, la Tormation de la communauté agricole. Le plus porté de tous et peut-être le plus apte à découvrir l'intérêt social dans les lois ou dans les usages, Coquille, en commentant une des Coutumes qui, plus tard et plus complètement que les autres maintint sous cette forme lemesnage des champs ^ ne lui cherche pas d'autre raison d'être, non-libre ou libre, sinon la a liaison économique, » les garanties et les ressources que donne à la production « la fraternité et amitié » qui noue cette existence indivise. Il ne manque jamais de lui opposer, comme une preuve de fait victorieuse, a la ruine certaine des maisons de village quand elles se séparent. » C'est sous un jour semblable que Vigier (2) a vu celles de Poitou, et par les mêmes motifs qu'il les vante. Aux Etats de 1484, Masselin, tout en y montrant comme une violence faite au droit individuel par la déplorable administration des impôts publics, qui obligeait les cultivateurs à vivre sous leur forme gênante, attribue à son usage universel dans le Cotentin que les tailles . aient été mieux supportées et la misère des populations moins grande : en Berry, sous Colbert, l'intendant fait une remarque pareille. Ces communautés elles-mêmes, enfin, n'ont pas transmis à leurs successeurs une autre idée de leur origine ; j'en rapporterai ici de nouveau une indication donnée ailleurs (3), en transcrivant la légende de famille que la dernière maîtresse des Pinon aimait à redire, il y a encore peu d'an-

(1) Tro'yes, 101, 102; -- Chaumont, art. 75 ; — Bar, art. 83; — Bassigny, ari. 69, 70; — Auxerre, art. 201, 202; — Berry, art. 8, 10; — Bourgogne.

(2) Sur Angoomois, art. 41 et p<i$Hm.

(3) Ancienne Auvergne, T. III, cbap, iv, do Foy. dcuu la h, Auv,, p. 110.

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