XIV PRÉFACE
relations de personnes et de possession que ces travaux classiques laissent encore confuses ou mal expliquées, sans qu*il fût besoin de dévelof^pemeiits et d'une grande montre d'érudition.
Dans les deux Livres qui suivent, je retrace l'histoire des clauses agricoles sous les deux états de Servage et de liberté. — Quant à la servitude, j'expose ses origines, sa nature, ses modes civils, les causes et les accidents de sa destruction. — Quant à la liberté, au sein de laquelle l'existence fut particulièrement compliquée, les modifi-^ cations lentes et multiples, le progrès difficile, j'explique d'abord la situation successive, soit juridique et sedale, soit économique, des personnes ou des choses qui en jouirent sous l'empire de l'organisation seigneuriale. La connaissance des différents contrats de culture, autre* ment dit des diverses tenues ou conductions agricoles, trouve sa place dans cette partie de l'ouvrage. — Je cherche ensuite quel fut le sort des classes rurales une fois leur existence liée, hors de la vie seigneuriale, aiix événements publics; quels résultats eurent pour elles et pour les intérêts généraux de la propriété la reconstitution, l'accroissement, l'action administrative du pouvoir royal. L'histoire^ du gouvernement et de la législation prend ici une importance spéciale : je la présente sous des divisions établies d'après les changements que les faits politiques et le droit apportent successivement à la condition agricole avant 1789.
En traçant ces tableaux, dans lesquels je n'ai pas craint, plus d'une fois, de m' écarter des opinions reçues, je me suis du moins appliqué à revêtir chaque point de
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ses couleurs propres. C'est en partie pour y parvenir que je me suis tenu à ce plan tout chronologique. J*ai voulu par là éviter Vexposition fragmentaire où conduit l'historique séparé et complet de chaque partie d'un sujet : cette forme, commode et très-employée parce que , en paraissant présenter une suite d'études finies, elle séduit par des semblants de clarté, en réalité est incompatible avec le mouvement et la complexité des choses, et ne donne que des résultats insuffisants. J'ai tftché aussi de conserver aux faits leur caractère naturel dans chaque époque, en étudiant chacune avec ses documents spéciaux, et en ne mêlant pas ensemble des idées et des conditions de date différente. Peut-être trouvera-t-on que ces soins ont une importance sérieuse, et que, gardés aussi attentivement que l'état de l'érudition l'a permis, ils assurent quelque valeur au travail qui va suivre. G)mposé loin des riches dépôts de Paris, il a manqué quelquefois des ressources de la bibliographie : elles lui auraient fait défaut encore plus, et de bons documents me seraient restés inconnus parmi ceux si multipliés qui se rapportent à son objet, si je n'avais .eu à ma disposition la complaisance éclairée de M; Desbouis, conservateur de la bibliothèque de Clermont.
(^lbruont-Ferhand, octobre I8&6.
DBS