‹ Histoire des classes rurales en France et de leurs progrès dans l'égalité civile et la propriétéChapitre 73 sur 145 · LIVRE III. — DEUXUbm PARTIE. ^CHAPITRE lU · texte numérisé non relu

LIVRE III. — DEUXUbm PARTIE. ^CHAPITRE lU

Hmri IV craignait d'être « responsable à Dieu » de ne les pas arrêter tout à fait (1). Si les mesures de Charles V n'en eiemptèreot pas ravenir, le oommenoement d'organisation qu'elles donnèrent à Varmée, leurs efforts pour que, soldée et entretenue, elle cessât ée se payer elle-même et de se nourrir par r^^Uorsion et le pillage, pour qu'elle offrit aux culti- Ya^urs une retraite gratuite et sûre dans les places fortifilées, quand les seigneurs la leur faisaient chèrement acheter d^ns. . leurs ch&telMix (2) , furent un Hen immédiat consi* dérable.

.. Enfin, il fallait que la littérature et les arts consacrassent les doctrines d'Etat suir la valeur socialede la culture. Le relief dont ia yie de cour ou la vie municipale avaient joui seules juscpi'alors, il fallait que les travaux agricoles et les classes qui les pratiquaient le partageassent dorénavant. Ce stimulant ne inafiqua pas non plus. Sous l'inspiration du roi, on emprunta à l'Italie ses lettres agronomiques, depuis longtemps florissantes. L'encyclopédie rustique de Pierre de Cres- €6ns (3), surtout, fut traduite et répandue. On fit également des calendriers, des Ban-berger qui vulgarisèrent les procédés améliorants, et qui relevèrent par leurs vignettes les travaux des champs dans les idées publiques. Ces travaux furent hientôt l'objet des préférences de l'art ; ils ornèrent les vitraux des églises, participant à la popularité des images légendaires, et rappelant à tout le monde l'excellence, la sainteté du labour. On pourrait faire dater la Renaissance de la passion des esprits, en ce temps, pour les livres et les tableaux rustiques.

Ce gouvernement montra encore un des plus utiles objets de sollicitude aux règnes qui suivirent, et se fit, chose rare dans l'histoire de la royauté, une ressource sans grever le tra-

(1) Préambule de Vord. da 24 février 1597.

(2) Voir art. 2 de Tord, du 19jaillet 1360.

(3) Liber ruralium commodorum.

Taily en allant, comme on Fa vu, cbercher la taille des biens non*nobles dans les. mains immunes qui les acquéraient durant les jours malheureux. Qu'à ces actes on ajoute une réor* ganisation complète du régime forestier (1), très-vexateur jusqu'alors par cela même que les dépaissances, les usages aux bois étaient le pivot même de l'agriculture, l'interdiction de saisir les instruments de labourage quand il y avait d'autres meubles suffisants, la défense de contraindre par corps le laboureur (2), des dispositions de détail, enfin, telles que la suppression du droit de forge sur les outils ruraux (3), de la vaine pâture dans les vignes vendangées (4), on connaîtra à peu près toute l'administration économique de Charles V.

Combien l'état des campagnes dut changer par des mesures ainsi enchainées et suivies, on en juge lorsqu'on entend ce roi dire, un des premiers depuis plus d'un demi-siècle : c( Pour ce que de présent le blé est à bon marché et pourra « être, par le plaisir de Dieu, à aussi bon et meilleur marché « au temps à venir. » L'avenir, d'autres mains, par malheur, allaient le faire moins clément ! Les classes rurales l'abordèrent du moins avec des forces nouvelles, soutenues par une valeur sociale qui leur permit non de profiter seulement des jours calmes, mais de provoquer les faveurs, les partialités de la loi, et par là de progresser, on le voit bientôt, jusqu'au milieu des troubles de la société, souvent grâce à ces troubles mêmes.

Cl) Ord, de juillet 1376.

(2) Ibid.y art. 9.

(8) Ord, de 1379.

(4) Ord, de 1 372.

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