‹ Histoire des classes rurales en France et de leurs progrès dans l'égalité civile et la propriétéChapitre 81 sur 145 · LIVRE III. — DÉirxlteB PArnTB. — CHAHTIIB V. ^ § 8. t · texte numérisé non relu

LIVRE III. — DÉirxlteB PArnTB. — CHAHTIIB V. ^ § 8. t

ger les enfants contre son insaeeès r <^n Vk-mi feit aussi en leur donnant une eoprdpriëté formeHe dans le douaire de leiiir mère (1), et, afin qu'elle et eux trouvassent une ressourcé certaine danb oe douaire, on avait commencé à affranchir des dettes la femme commune, sous Condition qu'elle renonçât à la communauté (2).

Le régime des propres était laissé bien loin, quant aux avantages éconcMniques , par ces changements. On les avait cou^ ronnés par l'application suivie des principes d'égale et lB)re hérédité. C'est « de coustnme générale, d dit h grand eaustu^ mier (3), qu'on.dvait maintenu l'égalité d'âge et de sexe dans le partage, voulant intéresser chaque enfant à accroître le pâ^ trimoine dans les mains du père, donner à chacun un méiâé fonds pour le développement de son activité propre, et rendre par là plus certaine, plus rapide la fortune des classes rurales. On n'avait pas mis moins d'insistance à faire disparaître, poU^ l'hérédité vilaine, la nécessité de Vin'^sHture , rachat pur éft simple de Théritage au seigneur, en étendant au vilainage la saisine de droit qui régissait la succession noble ; et l'on avajt favorisé de même les majorités précoces (4), lesquelles, en laissant plus de temps à la vie civile, donnaient plus de chancâ» de gain et d'exhaussement.

S 3. «^ Causes locales de bien-être agricole. i

Toutes ces solutions, qui avaient eu leur complément dans des édits faits pour rendre la procédure moins onéreuse éti fixant les positions elle domicile de demandeur et de défendeur,

(1) Cotil. noi^ 8); n^'stoiw^M.

(2J On pense que la renonciation nt fut d'usage légal que dans le seizième siècle. Les Décisions 139 et 153, cependant, ne laissent pas soupçonner qa'aa qûioiième siècle elU ne f^ suivie qu'excoptionnellement.

(3) Grand Cottfumter, liv. lî.chap. n. ^ Décisions, 234.— Somme, liv. I, lit. XXVUi; — Coût. not. n" 71.

(4) Coût, not, n» 60.

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en limitant le pouvoir et les occasions d'abus des agents judiciaires royaux ou seigneuriaux , concordaient ensemble , m le voit, élevant la condition sociale de ces classes, pour donner plus de prise et plus d'ardeur à leurs efforts, et leur rendre ainsi profitables des réalités qui ne sembleraient propres qu'à les décourager ou à les abattre.

Les réalités, cependant, ne furent jamais malheureuses partout à la fois. 11 y eut des intervalles de calme et des lieux que la guerre ou l'exaction n'atteignaient pas au même degré. Il est certain qu'en Languedoc, par exemple, la nature foncière de la taille, qui proportionnait mieux les charges entre les personnes des diverses classes , rendit toujours les abus moins lourds aux cultivateurs ; et si ce pays avait eu des jours désastreux, comme ceux de l'administration du duc de Berry , l'œuvre rurale y était restée communément mieux garantie. Dans d'autres contrées l'usage des main-mortes abritait le laboureur : à chaque trè\e il pouvait sortir de ces conductions en état de beaucoup oser, et, s'exposant à perdre plus que d'autres, s'élever davantage. La Picardie , après ses jacqueries affreuses, s'était trouvée dans des circonstances telles, qu'aux Etats de 1484 on rejetait ses doléances en disant (!):«( qu'elle « avait joui de près d'un siècle de paix, qu il était aisé d'y voir c< nombre de vieillards n'ayant connu jamais les désastres de tt la guerre avant les dernières années de Louis XI , et qu'elle « s'en trouvait si rétablie que la population se pressait sur son t( terriloire là où il n'y en avait point autrefois, que ses bourgs <( et villages étaient aussi forts que des villes et assez riches <( pour faire rayonner leur aisance sur les campagnes. »

En outre, il existait de vastes domaines où l'immunité des maîtres amoindrissait les causes d'abus, et où leur attention à maintenir. la culture, jointe au peude part qu'ils prenaient dans les luttes armées de cette époque, diminuait sensiblement

(l) Journal ei Discours de MsL&seWo.

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