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n 7 a un moment des divisions publiques où la masse se lasse et ne demande qu'à contraindre les partis au repos. Quelque opinion qui fit le trouble, dans les dernières années du seizième siècle , les campagnes se soulevaient contre (1). Pacifier était donc facile à qui saurait découvrir, dans la société gisante, et ramener à Fusage régulier de leurs forces les principes vitaux. Un profond sentiment de la tradition sociale fit trouver ces ressorts. En Sully était au plus haut point la notion de la France agricole, de cette c< patrie » (2) formée siècle à siècle autour du patrimoine rural, et comme résumée dans les labeurs qu'il coûtait. Il prit donc là, et le roi autant que lui-même, l'assiette économique première. Ensemble, en y faisant converger tous leurs actes organiques, ils donnèrent à la sociabilité moderne son fond, à ces passions ardentes qui s'agitaient, depuis cent années pour la création d'une autre activité positive et d'autres lois morales, leur cadre et leurs moyens nouveaux.
La tradition ne fut que la moindre partie dans leur œuvre.
(1 ) Carcisteg, RaxaU, Gauthiers, se forment, dès 168»^ en Limousin et en Normandie, pour chasser à la fois catholiques et protestants. (VoirDaubigné,
Hist. univers., liv. II.)
(2) Un des premiers il a dit et senU ce mot. « (Celte pauvre France, ma chère patrie! » Beanomies royales, t. I, p. 173 de l'édition anx trois Venus couronnées.) « Notre France, > dit aussi Lanoue/ auîmôme temps.
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Cest rétade , une étude incessante des choses, des faits anciens et actuels, qui la fit si efficace et Traiment grande. Us ont, à proprement dire, cherché la France pour la relever, pour la gonvemer se sont assimilé sa Tie. Par tout ce qu'une enquête sans relâche (1), tenace, triomphant de l'incapacité ou de la résistance des jpfédj^urspou^t révéler de la marche et de l'état de la société, au moyen de tout ce que les statistiques les plus persévérantes, les plus ingénieuses (2), corroborées par l'inspeetion minutieuse des provinces, pouvait apprendre des réalités, ils ont vu au vrai le pays, dans^son passé et son présent à là fois, dans sa vitalité même : aussi ne l'ontîls fait que ce qu'il voulait être alor^, et en cela tout ce qui pouvait être accompli le fut.
Comme les choses, comme les situations, les vices de l'État avaient changé. 11 ne s'agissait plUs ou que très-secondairement des désordres seigneuriaux. Le gouverûement luimême était devenu, menaçait d'être surtout, le centre de désordres différents, plus uniformes, plus graves dans leurs résultats, et qui avaient commencé, sous les derniers règnes, à exercer sui* les campagnes une action malheureuse. A mesure que la royauté avait grandi, l'esprit d'abus s'était transporté de la seigneurie, où les lois et les choses ne lui laissaient plus qu*une place infime , dans l'admimstration publique,' où là complication des ressorts, jointe aux principes d'inégalité personnelle qui régissaient lia société, ne lui présentait que' trop dé chances. Les tailles n'avaient pas été seulement assises et perçues injustement et avec excès (3); de-
(1) « ... Aussi bien la nuict que le jour, sans quasi le loysir de prendre ny repos ny ropas^ » {Opconom.y t* I, p. 344.)
(2) Voir les Proj^pour les financés de 159ft, 1597, 1599; tMd., p. 400, 402, 404, aux Œconom^ roy.
(3) Préambule de l'édit de mors 1600 t c Sur les plaintes des abus, iné- « gai liés, malversations et exactions qui se commettent en la levée et per- « ception des tailles... mesme de ce que l'égnllté n'a esté g-ardée par les es-
uvm m. — DEuxitei partr. — GHAprnnr t. 3«§ puis longtemps elles étaient détournées en partie pw les agents qui les pei'oeyaient, et déjà on les avait ydes, âisat)éek pour les besoins de cour où pillées par les grands doVit il fallait acheter les Benrices ou la paix, s'accroître iieaueovp dans ces seules fins. Pour Sully, en face de ce mal dont le teul règne de Henri III avait pu faire présager les proportions futures, ce fut le premier problème de gooreriiéméttt ({ue lé trésor royal, devenant todjours plus riche pa^ceiquHl touclie* rait tous ses revenus propres et cesserait de les dépensei* sans profit, prît de moins en moins au cultivatrar les siens^ et que ce cultivateur ne portât de l'impôt que sa part n<»înale, en sorte que la culture trouvât dans son bénéfice naturelles ressources immédiates dont ses entreprises s'alimentent.
Il y avait un autre problème, grave dès ce temps ; c'était de tourner vers les oeuvres utiles les hautes claises de la société. Eloignées de la culture, qu'elles dominaient cependant, par la nature guerroyante de leur existence politique jusqu'alors ainsi que par la constitution de leurs revenus, en majeure partie imposés sur le travail des autres, ces classes enracinaient dans les mœurs des habitudes antirurales dont nous serons long^ temps, peut-être, sans revenir. Tons lés riches, se modelant sur la gentillêcey en cela comme en tout ce qui semblait privilège, l'œuvre agricole restait aux plus dépourvus, aiux mains de ces « pauvres ignorants i> où Palissy regrettait tafrt de la voir, en qui il était d'autant plus facile de la grever, ei en qui on la grevait eflectivement de plus en plus, les aisés, de quelque classe qu'ils fussent, se faisant anoblir pour être exempts de tailles et s'ôter les charges dû sol comme une sorte de conséquence logique de ce qu'ils en fuyaient les soins. — Ce règne
4c leus an département des paroisses, moins encore par les asséeurs en « l'assiette et es ' taxes dès partienlier^ habitants qu'ils ont gratifiés, surchargés « et exempléi comind it léurà'pleu, sans y garder d'autre régîe que celle dé « leur passion et intérest... » C'est là la J)remiêre manifestation d'un mat qui Ta grandir pendant (feux siècles. ' * ' ' » < .
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ne porta pas de ce côté moias de son attention. Ce qu'au rappor de Péréfixe Henri FV disait aux grands, <c qu'il serait bien aise c( qu'ils s'accoutumassent à Tiirre chacun de son bien, et puisoc qu'on jouissait de la paix, qpi'ils allassent voir leurs maisons a et donner ordre à faire valoir leurs terres, » c'était sous Vempire de vues économiques et de sociabilité autant que dans l'intérêt du pouvoir. Sully, en tout cas, l'avait pour but réfléchi et fixe. Que, rehaussée par la considération publique, la culture attirât à elle les grands propriétaires eux-mêmes, vit agronomiquement se refaire le fief, qu'elle s'accrût ainsi en recevant les dépenses jetées avant au luxe des villes, il le désirait et espérait d'y contribuer quand, justement imbu de la pensée qu'en vertu de conditions déjà irrémédiables, rien de général et d'efficace ne pouvait se faire en France qu'administrativement, il mettait presque tout le gouvernement à ' amener dans les campagnes, par l'activité de la production, ce bien-être continu qui est la source la plus certaine de puissance pour l'État (1).
L'administration placée ainsi sur le plan tout moderne, mais loin d'être simple comme il parait maintenant, de rendre aux dépenses publiques et privées leur destination régulière pour tirer du travail général, augmenté sans cesse parce qu'il serait constamment plus libre et plus stimulé, des recettes de trésor croissantes, il ne fallut que trois années, de 1597 à 1600, pour que le progrès s'attestât partout. Après, soutenu par la persistance des vues et par l'étude, il ne s'arrête plus jusqu'au malheureux jour où l'assassinat du roi rouvre le champ aux vices sociaux. Non-seulement l'admi-
(1) Od peut aisément suivre dans les OEconomies et les Ordonnances, la formation et le développement de ces idées dans l'esprit de Sully. Voir notamment l'art. 37 de i'édit de mars 1600 : « La force et la richesse des rois, etc., » et son discours an sujet de la liberté du commerce demandée par les villes ligueuses : «* Si les peuples viennent une fois à goûter la douceur du re- « pos, etc. » (OEconomiêSt t. I, p. 115. et t. II, p. 366.)