‹ Histoire des classes rurales en France et de leurs progrès dans l'égalité civile et la propriétéChapitre 93 sur 145 · LIVRE m. -* DEUXIÈME PARTIE. ^ CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE m. -* DEUXIÈME PARTIE. ^ CHAPITRE X

après les désordres économiques de la minorité de Louis Xlil, de la grande existence politique prise avec Richelieu. C'est sa yéritable gloire que d'avoir tix>uvé et mis son rôle à créer ainsi les forces sociales par la réorganisation du travail agricole : tout un siècle après lui vivra de son œuvre.

Les contemporains ne se sont pas trompés en ceci. C'est cette œuvre même qu'ils admirent, et on ne Voit point qu'ils en conçussent une autre. Quand plus tard les campagnes furent redevenues désertes, le souvenir des jours de bien-être, d'expansion, de vie libre et féconde que son souvenir rappelait faisait la consolation de ceux qui en avaient joui. « L'idée « qui me reste de ces temps-là me donne de la joie, d écrivait l'abbé de MaroUes ; « je revois en esprit la beauté des cam- « pagnes d'alors. Il me semble qu'elles étaient plus fertiles a qu'elles n'ont été depub, que les prairies étaient plus verce doyantes qu'elles ne sont à présent, que nos arbres avaient c( plus de fruits. Il n'y avait rien de si doux que d'entendre « le ramage, des oiseaux, le mugissement des bœufs et les c< chansons des bergers. Le bétail était mené sûrement a aux champs, et les laboureurs versaient les guérets pour y <:< jeter du blé que les leveurs de taille et les gens de guerre « n'avaient point ravagé ! On ne se plaignait pas comme auc< jourd'hui des impositions excessives. »

Les contemporains ont raison de ne parler qu'avec attendrissement de cette époque heureuse. Les dépositaires du pouvoir public y avaient rendu tout à fait réelle cette vérité, par eux placée comme au frontispice de leurs actes : c< La « force et la richesse des rois et princes souverains consiste (( dans l'opulence et nombre de leurs subjects, et le plus « grand et légitime gaing et revenu des peuples procède prin- « cipalement du labour et culture de la terre » (1). Jamais,

(1) Préambule de Tédit da 8 avril 1595. — Cf. celui de l'édit de décembre 1606 : « Entre tous les moyens licites, etd... »

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les perooniieSy conviées à la recherche des biens matériels, n^y furent aussi moralement conduites, le droit en elles, leurs intérêts si chers de libre activité et de {A)ssession, élevés si rapidement-et si haut, la société engagée dans un progrès aussi franc et aussi direct. On ne jouit vraiment qu^alors des conquêtes de la Renaissance* L'administration de 1600 n^avait pas seulement clos les luttes dont elles étaient le prix ; elle avait assis sans retour l'exbtence nationale dans les nouvelles conditions d^étre, et ouvert au progrès public une voie que les réactions les plus intenses, les plus funestes furent impuissantes à fermer.

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