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téSy il De leur eût pas été facile de la prendre à vil prix 1 On a la mesure de ce qui s'était fait, dans la joie des paysans aux Grands-jours d' Auvergne bientôt après. Fléchier ne pensait peut*étre pas exprimer un sentiment aussi passionné qu'il l'était réellement et le profond instinct social qui se mouvait en eux, quand il dit, dans sa relation parfois si mondaine, qu'ils se croyaient n devenus seigneurs par privilège de leurs seigneurs a mêmes, et qu'ils étaient persuadés que le roi n'envoyait « cette compagnie que pour les faire rentrer dans leur bien, « de quelque manière qu'ils Teussent vendu, remontant jus* « qu'à la troisième génération. »
Le gouvernement de Mazarin ne visait point par système à cette reconstitution spoliatrice de la grande propriété ; il n'en eut guère sinon de faire, de tout, expédient de crédit ou de revenu, ce qui le mena à mêler ensemble, les stérilisant d'autant, les mesures les plus dissemblables par Jes vues et les princi* pes : elle était un de ces effets où les dispositions générales devancent l'administration, et, les circonstances en étant données, la dispensent d'agir. Beaucoup des actes de ce gouvernement, néanmoins, avaient comme sanctionné et certainement accru ces effets : ceux, par exemple, qui donnèrent à plusieurs reprises au clergé, en échange des contributions qu'on avait tirées de lui, des délais exceptionnels pour rentrer, sans considération du droit des tiers ni de différence de valeur, dans ses domaines aliénés (!]. Combien au reste la domination de l'inégalité dans l'impôt et des abus de la fortune et de la puissance avait tari les profits agricoles, on en juge quand on voit le clei^é, avec son immunité et ses immenses biens, n'avoir pu acquitter ces subsides qu'en vendant des terres !
Les soins ruraux, effectivement, étaient anéantis. Le culti-
(I) En 1646, on leur accordp dii ans ; en 16&6, il faut prorogrer de dix ans encore ce délai (édit de décemb.), en 1665, de cinq années. Cf. 13 fév. 1661> étendant c^tie faculté aux fabriques.
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Tateur, découragé, fuyait tout travail dépassant la plus élé* mentaire subsistaoce (1). Privé de pâturages , et la cramle des tailles ayant fait cesser, comme le labourage , même «la minime industrie des chepteliers (2), il n'y avait en qudqiie sorte plus de bétail, nul revenu foncier dès lors. Tottt)S^ea* chaînant dans les faits sociaux, le grand luxe portait le8>>seigneurs à l'exagération de leurs droits, à livrer ces droîta, comme l'impôt public, à des traitants qui en rendaieat.la levée encore plus exactrîce, qui portaient à ce point les frais.de leur perception,, que, joints au principal, ils égalaient parfois la taille (3) : une gentillèce d'autant moins. retenue et équi«table que ses titres étaient récents, que ' s(m épée, ainsr qu'on l'écrivait un jour à Golbert, « n'avait jamais été tirée qi« 4c contre le paysan (4], » et bous elle une multitude d'agents ou de praticiens qu'elle entretaaail, avaient repris, le monitoire et les arrêts des Grands-jours l'attestèrent trop» toutes les vio^ lences d'autrefois, tous les abus de quotité et de mesure imapnés dans le pire temps duseignorat (5). C'était donc appauvri
(0 Je renvoie m à Boisguillebert {Détail de la France^ chap. vu), qui, le p^remier, a analysé les résultats du règne de Mazarin sur la prac|uctloaiagri> cole, parliculiéremenl ceux dérivés de la dépossession du cultivateur. - (2) Voir Forbonnais, sur l'année t664, t. Il, p. nb de ï'édit. m-I5. Le J^réamlf, de Tédit sur les connuiHiies (avrii 1607) est explicite à cet égard : « Ces communes, qui avaient été concédées... pour demeurer iuséparable- «'ment attachées aux habitants des lieux, leur donner moyen dé nour- « rir des bestiaux et de fertiliser • leur» terres parlés engrais/en ayant été « aliénées , les habitants^ étant privés des moyens de faire subsister leurs « familles, ont été forcés d'abandonner leurs maisons, et par cet abandon- « neoieât les bestiaux ont péri, les terres sont âeiUeurées incultes; les itta « nufactures et le commerce ^n ont souffert, et le public en a* reçu des* pré- « judices considérables. >
• (3) On vit notauiment daus l'élection de Beruay un gentilhomme faite too*»damnier ses sojeU à 1,900 liv. à l'occasion de corvées prétendues pour le curage des fossés, quand leur taille ne montait au total qu'à 2,?00 liv. ; dans celle d'Alençon, un autre faire dresser un rôle de corviées de charrois de 335 liv., quand la taille montait seulement à 723 liv. (Voir Correspondance administrative sous Louis IIV, publiée par M, Depping, t. III, p. 185.) (4) Jd.tdid.,^p. 124, Lettre d'un Anonyme d'Auoergnei (6) Id. tbid,t p. 51, pour Auvergne. -^ ie Monitoiredes Gnmds'jours se
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ei ployant déjà sous les excès pri^ que le fisc royal trouvait k laboureur ! Gèluî-ci , qui dans vingt années ne vit pas édicter une seule mesure d'où il pût prendre un peu de coQ&moe et de ressort, personne même revendiquer pour lui des conditions économiques moins vicieuses, tant Tesprit d'aPfairesou Uesprit politique, et le moins soucieux de Tinégaltté^, absorbaient les idées (1), oelui^i, dis-je, après avoir d'abord i«nonoé aux terres médiocres, puis à celles qui exigeaient la moindre avance, réduit enfin les fruits ruraux au rendement le plus infime, n*eiit plus que la ressource de la désertion : dans les dernières années de ce régime, des provinces eniièreB s^étaient dépeuplées;
< De Lorraine un nombre énorihe d'habitants (2) avaient passé* en Franche-€omté , cherchant de nouveau un sort
trouve fta t. II dn dnMmntaire de Prohet sur la Coutume tVÀuvergnB et im^ primé à la suite de la relation de Fléchier: les Arrêts sont encore manuscrits : {Journal de Dongois, aux Archives générales, section judiciaire, U. 130). Quand' on parcourt soit Vnn soit Tantre de ces documents, il semble qu'oh se trouve au douzième ou an quinzième siècle, sous Louis le Gros ou Charles VI. — ^.Extorsion de reconnaissances de rentes, cens, corvées ou autres droits non dus ; — évaluation abusive des denrées dans les conversions en argeat de leur redevance ou avilissement arbitraire de leur pri%; •— emprisonnement des personnes dans les manoirs ou châteaux sans décret de jus- \\cq; ^- prélèvement sans titre de droits sur la circulation des marchandises; •>* avoir arréragé les rentes et cens ans dansées années de bas prix pour les exiger plus tard au prix cher; — forcé de moudre au moulin du château, quoique non banal, et confisqué le blé ou imposé amende à ceux qui y manw qnaient; — d'acheter des denrées avariées du seigneur, etc. : voilà ce que les Grands-jours lurent appelés à punir, et il n'y a guère de ces violences qi^i p'aient, s^u moins une fois, donné matière à un arrêt. , , ,
(1) Le parlement, à qui toute popularité appartient alors, ner tieuve men de pkia^ contre reexpropriation. do«t- les entrepreneurs de l'impôt menacent ou poursuivent le cultivateur, que de jappeler les vieux édils snr les saisies de bestiaux et d'ustensiles ruraux. Forbonnais fait connaître cependant que l'impôt sur le revenu fat proposé à Fouquet par quelque peai6ear solitaire. Le caractère de cette époque est une complète ignorance des 'Caii8(Ba da mal : on ailla au point extrême sans voir d'où il s'engendrait. •' [i) Corresp. adm,, 1. 111, p. 156 : il est dît là 10,000, et il ne paraît pas que le chiffre soit très-exagéré.
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plus sûr dans les mainmortes^ et, n'y trouvant point d'emploi f s'étaient vus contraints d'aller jusqu'en Espagne. Les élections de Langres et de Chaumont avaient tu fuir de même leurs cultivateurs devant les poursuites des créan* ciers (1). Ici par l'élévation des impôts (2), ailleurs par la manière dont ils étaient perçus, ou par une usure épouvantable (3) s'ajoutant aux exactions de la seigneurie, l'épuisement et l'abandon s'étaient ainsi engendrés, faisant monter le blé par rareté du travail, même sur les meilleures terres, à deux tiers plus haut que sous Henri IV (4), entrevoir comme prochain aux immunes eux-mêmes et à l'Etat un manque total de revenus, pénétrer, enfin, si profond le mal de l'inégalité et de l'abus, que la disette se fit «entir trois années encore après que la sape eut été portée dans leurs racines : en 1665 les campagnes n'avaient pas encore déblayé leurs ruines. — L'étrange, et ce qui montre à quel degré on peut s'abuser, à certains moments, dans les sphères gouvernementales, c'est qu'on produisait ce mal comme sans le voir, sans se douter au moins qu'il eût pour cause fatale la nature des rapports sociaux. Le fastueux surintendant par qui Mazarin avait fait ou laissé conduire à ce point les intérêts publics et privés, cherchait d'autres expédients pour donner quelque temps de vie encore à la société de privilégiés et de gens d'argent qui menait ainsi l'autre à une destruction com-
(1) Corresp. adm. t. III, p. 152 et suiv., 171. Gaumartin, intendant de Champagne, écrit, en 1667, que 4,000 sont rentrés de Bourgogne, et qu'un grand nombre d'autres demandent un délai pour revenir sur leurs tenements abandonnés.
(2) Ibid., p. 135, 67. 47, pour le Berry, la Saintonge, ia Touraine, et patftm pour d'autres provinces.
(3) Ibid. , pour Touraine, Anjou, Champagne, p. 144, 145, 152. ~ Cf. mon chapitre précité de VÀneienne Auvergne.
(4) De 1657 à 1660, le blé est à 25 liv. le setier, faute de culture : sous Henri IV, il avait toujours été de 15 à 16 liv. Sous Richelieu, les intempéries Tavaient fait monter, une seule année, à 23 liv. ~Voir Forbonnais^ sur l'anii.
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plëte et dont il a eu à si bon droit les sympathies et les regretSy quand la précoce Tolonté de Louis XIY, en frappant le grand exemple qui nous a yalu les pathétiques et touchantes suppliques de Pellisson et de la Fontaine, lui ôta on peut dire le moyen de perdre tout à fait l'Ëtat.