‹ Histoire des comédiens de la troupe de MolièreChapitre 20 sur 60 · LES DU CROIST, BRECOURT, LA THOBILLIÈRB, HUBERT · texte numérisé non relu

LES DU CROIST, BRECOURT, LA THOBILLIÈRB, HUBERT

en 1662, mais deux ans plus tard Lagrange nous apprend que « M"' Du Groisy dédommagea la moitié de la

< troupe de sa part qu'on lui voulait ôter, la troupe se € trouvant mi-partie, de sorte qu'elle tira encore sa part,

< en remboursant ceux qui ne consentaient pas à sa dite

< part ». D*oîi je conclus qu'une moitié de la troupe jugeant les services rendus par M"* Du Groisy insuffisants n'en voulait plus comme sociétaire, et qu'elle ne trouva plus d'autre moyen de faire taire les mécontents qu'en leur abandonnant une partie de ce qui lui revenait.

Singulier arrangement qui ne devait pas durer long- , temps. En effet Tannée suivante, c'est-à-dire à Pâques 1665 « M"* Du Groisy ayant remboursé de sa part

< qu'elle recevait, la moitié de la troupe qui n'avait « pas voulu consentir à sa dite part, l'autre moitié de € la troupe, qui avait bien voulu consentir pour cette « année, ne fut pas d'avis de continuera l'avenir. Ainsi « M"' Du Groisy se trouva déchue de sa part, et la troupe € se trouva déchargée tant de la part du dit sieur du « Parc (qui venait de mourir) que de celle de M''* Du « Groisy. »

Et c'est ainsi que M"* Du Groisy quitta le théâtre. Je n'ai pu trouver l'époque de sa mort. De ce mariage naquirent deux filles : Angélique, qui jouait en 1666, à rage de cinq ans, dans la troupe du Dauphin, et mourut en février 1670 ; et Marie-Angélique, qui épousa Paul Poisson. Gette dernière, née en 1658, joua en 1671, à l'âge de 13 ans, le rôle d'une des Grâces dans le ballet de Psyché. L'histoire de M"' Poisson, morte à 98 ans, est aussi fort curieuse, mais elle n'a rien à faire ici.

Rappelons seulement que c'est elle qui publia dans le Mercure de France des lettres datées de 1722 et 1740, relatives à Molière et à sa troupe, lettres bien succinctes, mais tant de fois consultées et citées.

A Pâques 1662, Brécourt et de la Thorillière, qui étaient auparavant dans la troupe du Marais, entrèrent dans celle de Molière.

Guillaume Marcoureau, sieur de Brécourt, naquit vers 1638 ; son père, un certain Pierre Marcoureau, demeurait rue de Poitou, au Marais, et s'était marié, le 18 mai lô37, avec Marie Boulanger (Jal, dictionnaire). On crut longtemps qu'il était Hollandais, mais ses parents étaient bien Français, puisque son père, dont on a vu plus haut le mariage, fait encore baptiser une fille le 9 février 1639, à la paroisse Saint-Nicolas. Ce qui fit croire qu'il était Hollandais, c'est qu'il joua la comédie en Hollande dans la troupe de Monchaingre dit Filandre, suivant les uns, dans celle du prince d'Orange^ suivant les autres.

Lemazurier, qui s'est étendu un peu sur Brécourt, a commis erreur sur erreur. Ces fautes assez grossières de temps et de lieu ayant été recopiées, il nous faut donc les réfuter l'une après l'autre, pour ne pas les laisser s'accréditer plus longtemps.

1° « Lorsque Molière vint à Paris en 1658, Brécourt « le suivît. >

C'est faux ; on a vu la composition de la troupe de Molière, quand il vint à Paris. Lagrange nous le dit bien du reste : A Pâques 1662, Brécourt passe du Marais au Palais-Royal.

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