LES DU CROIST, BRECOURT, LA THORILLIERE, HUBERT
Brécourt à THôtel de Bourgogne devint un des principaux interprètes de Racine qui y faisait représenter toutes ses pièces.
En effet ce fut lui qui joua Taxile dans Alexandre, dans la distribution qu'en fit Racine à THôtel de Bourgogne ; Chicaneau dansles Plaideurs (1668) ; Britannicus dans la pièce de ce nom {IÔ69); Antiochus dans Bérénice (1670) ; Bajazet dans Bajazet (1672) ; Xipharès dans Miihridate (16"3).
On peut voir par Timportance de ces rôles la place qu'occupait Brécourt dans la maison. Il est curieux de voir comme les erreurs s'accréditent : quelqu'un a dit, et tout le monde a répété sans prendre la peine de s'en assurer, que Brécourt était passé à l'Hôtel de Guénégaud lors de la réunion des troupes en 1680.
Or, prenez la peine de relire simplement la liste des acteurs après la réunion, et vous verrez que le nom de Brécourt brille par son absence. Est-ce un oubli ? Certes non, puisqu'il faut arriver au total de 21 parts et 1/4 et que le nom de sa femme dont nous dirons quelques mots tout à l'heure, figure sur la liste des pensionnaires pour 1.000 livres.
Où est donc passé Brécourt? Dans un autre théâtre ? Mais vous savez bien qu'il n'y a plus d'autre théâtre de comédie, et que le roi a fondu les deux troupes qui restaient en une seule.
C'est donc à cette époque qu'on pourrait placer le Voyage forcé en Hollande, et l'engagement dans la troupe du prince d'Orange. C'est fort possible, et ce qui nous le ferait croire, c'est cette petite note qui n'a l'air
de rien dans le Registre de Lagrange et qui est toute pleine de sous-entendus.
€ Ce 8 janvier 1682. Ce jourd^hui, Monsieur de Brè- € court a été mis dans la Compagnie par ordre du roi sur € le pied de demi-part. »
Depuis quand les engagements partent-ils de janvier et non de Pâques? Pourquoi cette disparition d'au moins deux années et cette réintégration subite dans la troupe, par ordre du roi ? Cela sent très fort une grâce, et Taventure de la fuite en Hollande et du retour par faveur pourrait bien être vraie, mais à cette date seulement. C'est ce qu'on n'avait jamais dit.puisque Brécourt avait toujours été considéré comme passé à Guénégaud à Injonction de 1680.
Il y a eu sans aucun doute un grand dérèglement dans la vie de Brécourt. A peine revenu et réintégré dans la troupe il fait encore parler de lui, et le voilà sous les verrous pour dettes. Mais il ne faut pas cependant que le service du théâtre en souffre. Aussi le 12 octobre 1682, nous dit Lagrange, « M. de Brécourt, arrêté prisonnier pour dettes, est sorti à la garde d'un huissier. >
On ne lui fit grâce de la garde que par arrêt du 15 décembre suivant.
En attendant, Brécourt caresse toujours la muse ; en effet nous lisons à la date du 2 mars 1683: c Ce même € jour, à minuit, joué une pièce de M. de Brécourt, in- € titulée les Appartements y chez M"* de Tiange, qui a € donné à la troupe trois cent trente livres, donné au € dit sieur de Brécourt, auteur, sept louis d'or. >
Le 19 juin suivant, il fait encore jouer sur le théâtre