I,ES DU CROISY, BRÉCOURT, LA THORILLIÈRE, HUBERT
Marotte, c'est M"* Lagrange ; nous Tavons déjà prouvé; nous n'y reviendrons plus.
Dans la Comtesse d'Escarbagnas, un certain Godonou Gaudon récitait un vers latin. C'est le rôle du Cointe, Etait-ce un figurant, un habilleur, un moucheur de chandelles, un enfant même, ce qui est probable, et encore sous un nom d'emprunt?
La gloire de Molière ne perdra pas grand chose à ce que nous ne le sachions pas.
Mais comment M. HlUemacher a-t-il l'audace de nous donner le portrait de Gaudon? Où diable a-t-il été le prendre? Le portrait de Gaudon! quand on possède à peine les portraits authentiques des premiers sujets de la troupe !
Nous avons encore un enfant du nom de Barillonnet, qui joua un petit Amour dans Psyché^ puis le gagiste Croisac.
Dans la liste des comédiens en 1658, Groisac figure comme gagiste à 2 livres par jour. Hélas! Croisac vécut dans la troupe ce que vivent les roses, car,à Pâques 1659, la troupe le congédia.
La troupe avait évidemment toujours de ces gagistes. Ainsi,en 1670, M. et M^^* Beauval entrent dans la Compagnie, à la charge de payer 3 livres, chaque jour de représentation, à Ghateauneuf. Plus tard, en 1672, c'est M"* Lagrange qui est reçue à demi-part, à la charge de payer Ghateauneuf.
Un sieur de Villiers, entré dans la troupe après Pâques 1672, sur le pied de gagiste, à raison de 800 livres par an, en sort au mois d'août. « Ainsi, écrit Lagrange,
c il n*a été dans la place qu'on lui a accordée que depiiis « le 29 avril jusqu'au 11 août, c'est-à-dire trois mois et « quelques jours. »
Et plus loin: < M. de Yilliers avait emploi dans la « musique des intermèdes. »
On ne trouve plus de trace de Chateauneuf, qui devait avoir emploi de portier ouvrant les loges, et dont la femme devint la confidente de M*'® Molière, si Ton en croit l'auteur de la Fameuse Comédienne. Chateauneuf j ou a u n Pâtre dans la Pastorale comique , A rgatiphontidas dans Amphitryon^ et Lycas dans Psyché,
Quand nous aurons encore cité, dans la Comtesse d'Escarbagnas, une demoiselle Bonneau, rôle A^ Andrée (vingt lignes à peine), un certain Boulonnois, rôle de Jeannot (dix lignes) et Finet^ rôle de Criquet (treize lignes), nous aurons à peu près nommé tout le monde.
Ajoutons, pour mémoire, que la Flipote dont parle ijfme Pernelle, était le nom d'une figurante, rôle muet, et que Martine^ des Femmes savantes, ne serait autre, d'après le Mercure de France, qu'une servante même de Molière. Mais, par contre, M. Jal,qui a fait des recherches fort minutieuses sur les servantes de Molière (voyez Servantes de Molière, Jal, dictionnaire), ne nous fait connaître personne de ce nom.
Nous avons donc passé en revue tous les comédiens de la troupe de Molière depuis les chefs d'emplois jusqu'aux gagistes les plus humbles, et, si ce n'est le personnel de la danse et des intermèdes, laissé par nous de côté à dessein, puisque ce n'étaient pas des comé-