‹ Histoire des commandements de l'EgliseChapitre 59 sur 129 · Epist. XLVni, ad Pammach., n" 15, P. L. ibid · texte numérisé non relu

Epist. XLVni, ad Pammach., n" 15, P. L. ibid

des fautes très graves, ses préférences sont pour la communion quotidienne '.

Pourtant, la fréquence de la communion ne paraît pas avoir été abandonnée partout, même à cette époque, au gré des fidèles; on ponçait communier souvent, mais, à certains jours ou à certaines périodes, il y avait obligation de communier, que cette obligation fût imposée par la coutume, ou qu'elle le fût par une loi ou un précepte. Nous l'apprenons, pour Antioche, à la fin du iv^ siècle, de saint Jean Chrysostome : il blâme sévèrement les chrétiens tièdes aussi empressés à communier à certains jours qu'ils sont lâches pour se corriger de leurs défauts. Les périodes qu'il signale comme celles des communions reconnues obligatoires, ce sont le Carême ou Pâques et l'Epiphanie^.

A l'autre extrémité du monde chrétien, quelques fidèles étaient moins empressés, semble-t-il, à recevoir la communion. Aussi un synode tenu par saint

1. < Alii quotidie communicant corpori et sanguini Domini. alii cerlis diebus accipiunt... Ceteruni, peccala si tanta non sunt, ut excomiminicandus quisque judicetur, non se dehet a quotidiana medicina Dominicicorporis separare. • Ep. Ll\, ad Januar. P. L., t. XXXin, !200-iOl. — « Euciiaristia panis noster quotidianus est. • Sermo LVII, in Malth. VI, 9-i:i. c. vu. P. L.. t. XXXVHI, 38:).— « Inteliigilur etiara, hoc et valde bene, Pnnem nostnon quotidiannm da nobis hodie, Eucharistiam luam, quotidianum cibum. Norunt enim fidèles quid accipiant, et bonum est eis accipere panem quotidianum huic tempori necessarium. » Serm. LVIII. c. iv, ib., 395.

i. • Multos video qui Christi corporis sunt participes inconsiderate et lemere. et magis ^-.r consneliidine et praescn'pto. qnam ex cogitatione et consideratione. Si adveneril, inquit, tempus sanctae quadragesimae, qualiscumque fuerit quispiam. fit particeps sacramento* rum, si adoeneritdiei Epiphaniorum... In aliis quidem lemporibus,

Patrice, d'après Mansi, vers 450-462, marque-t-il comme absolument nécessaire pour tout chrétien la communion de Pâques. Il faut, dit-il, communier souvent parce que nous en avons besoin, mais qui ne communierait pas la nuit de Pâques ne serait pas un fidèle ^

En Gaule, sous l'influence sans doute de Césaire d'Arles, le concile d'Agde (506) se montrait plus sévère encore et traitait d'apostats ceux qui ne communiaient pas aux trois grandes fêtes de Noël, Pâques et la Pentecôte^. Césaire lui-même insistait sur ce point dans ses homélies ou ses discours, à l'approche des grandes fêtes de NoëP, de Pâques '' — (nous n'avons pas rencontré de texte de Césaire pour la Pentecôte) — et d'autres fêtes, comme la dédicace d'une église ou d'un autcl'^, tout en faisant remarquer qu'il

cum ne mundi quidem saepe sitis, accedilis; m Paschate autem, etiamsi aliquod scelus a vobis sit admissum, acceditis. » In epist . ad Ephes. comment. Ilom. III, n« 4. P. G., t. LXII, 28.

i. « Sumenda est (Eacharislia). maxime autem in nocte Paschae. in qua qui non coramunicat fidelis non est. • Mansi, t. VI, 52ri.

2. « Saeculares, qui Natale Domiai, Pascha el Penlecosten non communicaverint, catholicl non credantur, nec inter calholicos babeantur. » Conc. Agathen., c. xviii. Bruns, Canones, t, II, 150.

3. (In Natali domini, fratres carissimi,,.> cogitemus ad quale convivium invilati sumus. Invitati enim sumus ad niensam, ubi non invenitur cibus hominum, sed panis ponitur angelorum. » Inter opp. S. AUGUST., sermo iù, 2. P. L., t. XXXIX, lO-.i-IOTG.

4. « Et cum sancta solemnitas Paschalis advenerit,... cum gaudio exsultationis mundo corde etcasto corpore ad altare Domini possitis accédera, et corpus et sanguinem ejus unuscjuisque vestrum non ad judicium animae suae mereatur accipere. • Ibid., serm. 10, col. 1760.

5. Cela semble du moins ressortir des n°' 2 et o d'un sermon de dédicace, Inter opp. S. ArcisriNi, serm. 220. P. L., t. XXXIX, 2166- 7, 21G9.

fallait apporter à la communion, par une préparation longue et minutieuse, les dispositions nécessaires de pureté d'âme, de patience et de charité.

La première législation. — La pratique indiquée par saint Césaire fut, semble-t-il, celle à laquelle on s'efforça d'amener les fidèles et que l'on codifia.

La décision du concile d'Agde fut reprise purement et simplement par un concile d'Autun, vers 670 ^ dans les Excerptiones d'Egbert d'York (732- 766) ^ ; elle l'est dans un concile de Tours des premières années du IX'' siècle"^; elle sera reproduite dans les mêmes termes par Atton de Verceil (924- 960)^'; par les divers recueils de capitulaires, d'Anségise^, Réginon^, Burchard ^, Yves de Chartres^ (qui Tattribue au pape Fabien), passa de là dans le décret de Gratien^, et devint, pour ainsi dire, une loi universelle.

Elle était une loi, mais la loi d'un minimum. Régulièrement, on ne se contentait pas de si peu, et les évêques s'efforçaient par tous les moyens d'obtenir davantage. Ainsi, le Pénitentiel de Théodore de

1. Coac. Augiistodunen., c. xiv. Maxsi, t. XI, 126. i. Excerpt.iiS. (ex synodo Agathen.! M.ixsr, t. XII, Ml.

3. • Ut. si non frequentius, vel ter laici hominea in anno commu- Dicent, nisi forte quis iT)ajortl)us qiiibuslibetcriminibus impediatur. » Concil. Turonen. lU (813), c. 1. Mon. Germ., Concilia, t. II, -293.

4. Capital., c. l.xxiil. Mansi, t. XIX, '257. li. Capitul. Ansegis., 1. II, c. xlv.

6. De Ecclesiastic. disciplin.yl. II, c. v. P. L., t. CXXXII, 2g5 ; et ibid.,

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