Voir ci-dessus, p
à ceux que développait la lettre à Decentius ^ Mais nous avons encore une autre preuve que l'usage romain allait s'étendant et s'affermissant de plus en plus : les Grecs en devenaient jaloux. Au concile in Trullo, ils prirent des airs scandalisés et hautains pour s'élever contre le jeûne du samedi et rappeler l'Église romaine à l'obéissance due, pensaient-ils, au canon LXV des apôtres 2. L'orgueilleux décret n'obtint d'autre effet que d'aigrir encore plus les rapports entre Rome et Gonstantinople. En Occident on continua d'observer la même discipline. Un siècle après les objurgationsdu concile, le pape Adrien I" insistait auprès de l'évêque Egila sur l'obligation déjeuner le samedi en s'autorisant de témoignages de ses prédécesseurs Sylvestre et Innocent et des textes de saint Jérôme et de saint Isidore ^.
C'était, pour cette discipline, les derniers beaux jours. Loin de Rome, le jeûne du samedi n'avait jamais réussi à s'implanter profondément. Dans l'empire franc, en particulier, en dehors de l'insertion du texte de saint Isidore dans un recueil de capitulaires, on ne voit pas apparaître le samedi, même comme jour d'abstinence, dans le décret du concile de Rispach que nous avons cité plus haut. Il n'apparaît pas non plus comme jour de péni-
1. « Omnis sexta feria propter passionem Domini a quibusdam jejunatur, sed et Sabbati dies a plerisque, propter quod in eo Christus jacuit in sepulcro jejunio consecratus habetur, scilicet ne Judaeis exsultando praestetur quod Cliristus sustulitmoriendo. » De officiis ecclesiastic, 1. 1, c. xlih, P. L., t. LXXXIII, 775.